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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 21:50

Julie n’avait même pas réussi à avaler la moindre gorgée de café. Elle avait le ventre noué et une impression de nausée qui la taquinait depuis son réveil. Driss quant à lui, n’arrivait même pas à cacher son stress et son appréhension. Il n’arrivait pas à  rester assis dans la salle d’attente, il faisait les cent pas en attendant le rendez-vous.

 

Une femme brune aux yeux marrons passa la porte de la salle d’attente et prononça d’une voix calme le nom de Julie. Le Docteur Abbarie devait avoir environ quarante ans, elle était vêtue d’un tailleur pantalon gris clair surmonté d’une blouse blanche. Elle s’effaça pour laisser passer le couple et indiqua d’un geste de la main, une porte ouverte sur la droite. Julie se leva d’un coup, et Driss lui saisit la main et la serra pour la rassurer. L’un derrière l’autre, ils pénétrèrent dans le cabinet. Le docteur reprit sa place derrière son bureau et armé de sa souris, cliqua sur différents dossiers. Le couple s’assit sur les deux fauteuils face à elle et attendit qu’elle termine. Elle plissa les yeux un instant et se tourna vers eux. Elle leur sourit puis prit la parole.

 

    - Alors, vous venez pour une échographie de datation, c’est bien cela !

    - Oui, répondirent en chœur Julie et Driss, le cœur au bord des lèvres.

   - Très bien, donc selon ce que vous avez dit lors de votre appel, vos dernières règles remontent au 11 mars. Donc si je prends ma réglette, vous devriez être enceinte d’environ six semaines aménorrhées.

 

Elle nota la date sur le dossier où étaient déjà inscrits les coordonnées de Julie ainsi que ceux de son médecin généraliste et de son gynécologue.

 

   - Je tiens à vous rassurer à ce stade, il est possible que le cœur ne batte pas encore, donc ne vous inquiétez pas. Je vais vous expliquer tous ce que je vais faire et voir lors de l’échographie. Madame Perrin, je vais vous demandez de vous allonger juste là, lui dit-elle en montrant la table d’auscultation à quelques mètres de là, juste à côté, d’un énorme moniteur ainsi qu’un clavier avec différents joysticks. Je vais d’abord effectuer un simple contrôle abdominal et si toutefois je ne vois rien nous ferons une échographie vaginale. Monsieur, elle se tourna alors vers Driss. Vous pouvez vous installer sur cette chaise et regarder cet écran sur votre droite. Madame Perrin si vous voulez bien juste baisser votre  ceinture.

 

Julie avait mis un pantalon en toile souple et elle eut juste besoin de le descendre un peu. Driss assit juste à ses côtés posa la main sur la sienne, pour la rassurer. Il était là, et ils avaient pris cette décision à deux. D’ici quelques secondes, ils découvriraient une partie de leur futur. La radiologue déposa une noisette de gel sur le ventre de Julie ainsi que sur son appareil. Elle appuya sur des touches et posa enfin la manette sur le ventre de Julie. Celle-ci avait déjà les yeux rivés sur l’écran, tout comme Driss. C’était tellement intriguant !

 

   - Ooohh mais… La radiologue paraissait étonnée. Vous m’avez dit que vos dernières règles dataient d’il y a un mois.

   - Euh, oui, pourquoi répondit Julie interloquée. Quelque chose ne va pas ? lui demanda-t-elle encore plus stressée.

   - Tout va bien ! Mais vous n’êtes pas enceinte de six semaines Madame Perrin lui dit-elle. Regardez donc l’écran et vous allez découvrir un beau bébé d’environ….

 

Le temps s’allongea alors que tous deux découvraient une image en noir et blanc représentant un petit-être qui jouait des jambes. Le petit être ressemblait déjà énormément à un bébé. Ils apercevaient quasiment ses doigts au bout de l’une de ses mains. Ils étaient tous les deux sous le charme, fixant les images qui défilaient sous leurs yeux. La radiologue quant à elle effectuait des mesures, elle cliquait avec rapidité et dextérité sur différentes parties du bébé. Elle toussa légèrement comme pour attirer leur attention. Cela n’avait duré que quelques secondes.

 

   - Julie, vous n’êtes pas enceinte de 6 semaines, vous en êtes à 24 semaines. Vous entamez votre sixième mois.

 

Cette phrase vint résonner dans la tête de Julie qui ne comprenant pas. Comment pouvait-elle être enceinte de cinq mois ? Elle n’avait pas de ventre rond, elle avait eu ses règles jusque-là. Non ce n’était pas possible. Elle fixait la femme assise à moins d’un mètre d’elle, cherchant à savoir si celle-ci plaisantait.

 

   - Je sais que cela peut paraitre déroutant, très déroutant mais parfois les choses font qu’on ne se rend pas compte que l’on est enceinte, notre corps met tout en place pour nous le cacher. Il s’agit d’un déni de grossesse. Vous enceinte de cinq mois. Et d’après  les premières mesures, votre enfant est en parfaite santé.

 

Julie aurait voulu plus de temps. Elle aurait aimé que celui-ci s’arrête, se stoppe, pour qu’elle puisse digérer l’information. Mais du temps elle n’en avait pas ! Et lorsqu’elle sentit la main de Driss se retirer de la sienne, elle sut que leur futur prendrait une toute autre tournure.

 

Les larmes lui montaient aux yeux sans qu’elle ne puisse rien contrôler. Elle se tourna vers Driss mais le jeune homme ne la regardait plus. Il fixait la porte. Il voulait fuir. Et dans un sens, elle le comprenait. Il avait accepté la situation pourtant compliquée mais là, c’était trop. Ce n’était pas son enfant, c’était celui de Rodolphe. L’information était d’autant plus dure à digérer pour chacun d’entre eux, qu’ils étaient au final heureux de cet évènement. Mais là, ce n’était plus la même partie. Julie voulut tendre la main vers lui, mais il s’éloigna un peu plus. Il prenait déjà de la distance. La radiologue saisit qu’il y avait un malaise mais elle devait penser que le déni de grossesse en était la cause. Elle reprit la parole.

 

   - Ne vous inquiétez pas, vous avez encore quelques mois pour vous préparer à son arrivée. Et l’avantage c’est que je peux déjà vous donner le sexe de votre enfant. Elle tentait de combler le silence qui emplissait lourdement la pièce.

 

Julie hocha la tête en signe d’approbation mais elle fixait toujours Driss. Le jeune homme ne voulait pas être là, il ne voulait pas connaître le sexe d’un enfant qui n’était pas le sien. Julie le sentait.

 

   - Alors si je me déplace par là, vous voyez, on peut voir son cœur qui bat et si je fais ceci on aperçoit ses deux poumons. Et là, voici donc son sexe. Il s’agit d’une fille.

 

Une larme glissa lentement le long de la joue de Julie. Elle allait être maman d’une petite fille. Elle était heureuse et triste à la fois. Elle ne savait pas quel sentiment l’emportait. Driss qui ne regardait plus l’écran, sortit son téléphone de la poche intérieur de sa veste. Il le fixa un instant puis se racla la gorge.

   - Je m’excuse, je dois répondre à cet appel, dit-il.

Julie vit le jeune homme brun se lever comme dans un brouillard. Elle comprit à ce moment qu’il ne sortait pas juste du cabinet. Il sortait également de sa vie. Ils auraient pu vivre une véritable histoire tous les deux mais le destin en avait décidé autrement. Elle inspira un grand coup, et tourna la tête vers le Docteur Abbarie qui continuait à effectuer différentes mesures. Celle-ci releva la tête de son moniteur et lui sourit.

 

   - Souhaitez-vous entendre le cœur de votre fille ? Lui dit-elle.

   - Avec plaisir, répondit Julie.

 

Un battement rapide tel le galop d’un cheval emplit la salle. La jeune femme fixa l’écran et malgré les sanglots qui obstruaient sa gorge, savoura l’instant. Ce son magique lui fit oublier tout le reste. Maintenant seule sa fille comptait.

 

FIN.

 

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 20:00

Vous l'attendiez cette fin...Je vous en avais parlé il y a quelques temps, vous annoncant que bientôt nous laisserions Julie mener sa vie.  

J'espère que vous avez aimé ce dernier chapitre!

Je suis restée dans le vague pour vous permettre d'imaginer, de choisir ce qu'il adviendrait de cette future famille. Parce que votre imagination tout comme la mienne  n'a pas de limite et chacun(e) devrait pouvoir choisir sa fin!

 

Mais si je vous disais que ce n'était pas LA fin, que ce chapitre était là pour permettre aux lectrices à la recherche d'une fin digne des contes de fée, d'être satisfaites de la tournure des évènements.

Si je vous disais qu'un seul élément peut tout changer!

 

Je vous donne donc rendez-vous dans quelques jours pour voir ce quil se passe après.

 

Et n'oubliez pas, Bonne lecture avec Quatrième de Couverture!!

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 05:51

Ils avaient décidé le vendredi soir alors qu’ils mangeaient, de ne pas parler de cette grossesse durant les deux jours suivants, mais évidemment ils n’avaient fait qu’en parler, durant toute la soirée. Des questions, des interrogations, des suppositions, du stress mais aussi des sourires en coin. Driss avait été parfait ! Julie ne pouvait pas penser autrement, il ne l’avait pas accablé de questions, ne l’avait pas non plus accusée de quoique ce soit, et à aucun moment, il n’avait tenté de trouver une échappatoire.

 

Le samedi matin, ils s’étaient promenés dans le centre-ville, sans but avec juste la volonté de se changer les idées mais c’était sans compter sur un nombre incalculable de femmes enceintes ou de mères derrière des poussettes croisées à chaque coin de rue. Au départ, ils firent comme si de rien n’était, Julie surtout, mais à chaque ventre rond, à chaque bébé dans une nacelle, Driss serait la main de Julie un peu plus fort ou la regardait du coin de l’œil. Julie quant à elle, tentait de cacher ses sentiments et le flot d’émotions qui la submergeaient. Elle avait peur d’en dire trop, elle ne voulait pas imposer un choix à Driss et aurait aimé qu’il lui dise ce qu’il voulait. Du coup, elle parlait beaucoup, à tort et à travers, faisant comme si elle ne voyait rien autour d’elle, ni Driss, ni les trop nombreuses mamans ou futures mamans.

La journée passa lentement, ils déjeunèrent à la terrasse d’un café puis se dirigèrent vers un parc où ils s’affalèrent sur un banc.  Ils évitèrent le sujet avec beaucoup de précaution, se protégeant l’un l’autre. Julie avait envie d’être à mardi, elle voulait se cacher sous sa couette jusqu’à l’heure du rendez-vous.

 

Le samedi soir, alors qu’elle préparait le repas, Driss s’approcha d’elle avec Bulle dans les bras. Le chaton ronronnait d’aise se laissant caresser de la pointe des oreilles jusqu’aux pattes. Julie mourrait d’envie de savoir ce à quoi Driss pensait. S’il arrivait à passer au-dessus de cette histoire et de tenir comme ils se l’étaient dit jusqu’au rendez-vous du mardi matin.

 

Elle sentait le regard du jeune homme peser sur elle, il avait envie de lui dire quelque chose mais il n’osait pas se lancer.

 

   - Tu fais ton timide ce soir ? lui dit-elle pour briser la glace.

   - C’est parce que je ne veux pas rompre notre promesse de ne pas parler de ce que tu sais, répondit Driss.

   - Si tu veux en parler, vas-y ! Je n’ai pas envie que l’on reste sur des non-dits, ou des secrets, Julie le fixait à présent.

   - Je sais bien, mais c’est difficile ! Je peux juste te donner mon avis ?

   - Evidemment, lui répondit-elle, la main crispée sur la table, Driss, lance-toi !

   - T’es sûre ! parce que je ne veux pas te mettre la pression, et je sais que l’on avait dit qu’on attendait mardi mais … Le jeune homme fit une pause, qui parut durer une éternité. Je n’arrête pas d’y penser. C’est trop tôt, on est au tout début de notre relation, j’ai un futur boulot sur Paris mais je suis sûre de mes sentiments et cet enfant avec toi, j’en ai envie.

 

Voilà, il l’avait dit, Julie pouvait souffler. Cet enfant avec Driss, elle le voulait. Mais lui imposer cette situation était juste impossible, elle souhaitait que la décision vienne de lui. Les larmes lui montèrent aux yeux, et la boule qui lui nouait le ventre depuis l’annonce de la veille s’envola comme par magie.

 

Driss attendait une réponse de sa part car lui ne savait pas ce qu’elle pensait. Julie inspira profondément pour contrôler ses larmes.

 

   - Je ne veux pas que tu te sentes piéger par cette grossesse et cette relation Driss.

   - Je ne me sens pas piégé, je suis heureux et j‘ai envie que l’on construise notre avenir ensemble. Tu sais le truc des contes de fée, « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »…

 

Driss s’avança et prit Julie dans ses bras après avoir déposé délicatement Bulle sur la table de la cuisine. La jeune femme n’arrivait plus à contenir ses larmes, elle savait que Driss avait pris sa décision en son âme et conscience. Il la serrait fort contre lui et l’embrassait sur la tête avec une extrême douceur.

 

  • Je t’aime, Julie lui dit-il dans un souffle.
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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 21:54

Driss avait passé une journée hallucinante, incroyable, fabuleuse… Bon, tout cela était dû à son rendez-vous du matin même sur Paris. Il était pressé de raconter tout cela à Julie et de lui annoncer la grande nouvelle. Elle en resterait bouche bée, il en était sûr. Le jeune homme arrivait à proximité de l’immeuble,  marchant d’un bon pas, pressé de la retrouver et de tout lui raconter. Il avait l’impression d’être une jeune collégienne retrouvant sa meilleure amie pour lui raconter son premier baiser. Il monta les quelques marches qui le séparaient de la porte et s’engouffra dans le hall presque en sautillant. Il se dirigea vers la conciergerie et aperçut la lumière filtrer par la fenêtre, Julie devait être à son bureau. Il l’avait prévenue qu’il serait de retour sous peu. Il ralentit une seconde afin de passer la main de ses cheveux. Lorsqu’il toqua à la porte, il aperçut la jeune femme au travers de la vitre, très sérieuse, assise à son bureau, elle était penchée sur une pile de documents. Elle était très jolie avec sa blouse bleue qui m’était en valeur son corps fin et laissa apparaitre la naissance d’un décolleté. Julie leva la tête surprise par le bruit et sourit en le voyant derrière la fenêtre. Driss adorait le sourire de Julie, cela le désarmait. Il aimait beaucoup de choses chez elle et pour l’instant, il ne lui avait trouvé aucun défaut qui puisse remettre en question leur relation. Voilà pourquoi, la veille quand il lui avait proposé de venir avec lui sur Paris, il n’avait pas regretté une seule seconde ses paroles. Il voulait la retrouver tous les soirs en rentrant du travail, découvrir la vie parisienne avec elle, se balader comme des touristes dans Montmartre ou près du Sacré-Cœur et manger dans tous les restaurants japonais de la capitale.

 

Il poussa la porte alors que Julie se levait pour l’accueillir. Il avait envie de tout lui dire, là, tout de suite mais il ne voulait pas la presser. Ils se serrèrent l’un contre l’autre et s’embrassèrent longuement. Driss avait l’impression de respirer à nouveau, ce baiser lui redonnait des forces mais aussi le calmait. Julie prit le temps de fermer son ordinateur ainsi que la porte de la loge. Ils étaient tous les deux et personne ne pourrait les déranger.

 

Ils se dirigèrent vers l’appartement et Driss saisit la main de la jeune femme. Il l’incita à s’asseoir sur le canapé, il la sentait soucieuse et stressée, sans doute inquiète car il ne lui avait encore rien dit concernant son entretien.

 

   - Tu veux prendre quelque chose à boire, dit-il tentant d’apaiser l’atmosphère.

  - Non, c’est bon ! répondit-elle du tac-o-tac. Raconte-moi ton rendez-vous, tu ne m’as rien dit par texto, du coup je suis pressée de savoir ! répondit Julie tout en lui caressant la main.

   - Bon alors cet entretien… Driss voulait faire durer le suspense même s’il mourrait d’envie de tout lui dire. J’ai donc rencontré le rédacteur en chef du journal ainsi que l’équipe de production. Au niveau du boulot, il s’agit de direct, donc pas du tout la même façon de travailler mais il me suit depuis quelques temps et il aime bien mon travail, mes interventions et mes interviews. Il pense qu’une nouvelle tête pourrait faire du bien et redynamiser la tranche de midi. Donc ….

 

Driss fit une pause pour ménager son effet. Julie ouvrit de grands yeux. Elle avait sans doute compris mais elle voulait l’entendre de sa bouche.

 

   - Donc, reprit Driss, il ne s’agit pas d’un poste de remplaçant mais LE poste de présentateur du journal du midi en semaine.

 

Sa voix monta d’une octave tellement il était heureux de lui apprendre la nouvelle. Il avait demandé un week-end de réflexion auprès du rédacteur en chef, mais en fait, il voulait être sûr que Julie accepterait sa proposition et partirait avec lui. Il avait du mal à rester en place et voulait sauter partout dans l’appartement. Il saisit la jeune femme par la taille et la souleva tel un kilo de plume. Il enfoui son nez dans son cou et couvrit sa peau de baiser. Après quelques instants, il s’écarta de Julie et lui prit les deux mains. Il tentait de reprendre son calme.

 

   - Julie, je sais que c’est très rapide mais j’ai vraiment envie que tu viennes avec moi sur Paris. Je vais avoir un appartement de fonction et tu pourras trouver un travail dans un restaurant de la capitale ou pourquoi pas ouvrir ton propre restaurant… S’il te plait, dis-moi que nous allons partir tous les deux là-bas…

   - Tous les trois, l’interrompit la jeune femme.

Driss pencha la tête cherchant à comprendre. Evidemment, qu’il pouvait être bête !

   - Bien sûr, Bulle vient avec nous ! Lui dit-il le sourire aux lèvres, on ne va pas abandonner cette boule de poils !

   - Tous les quatre alors ! lui dit Julie à nouveau.

 

La jeune femme baissa les yeux et saisit quelque chose dans sa poche. Elle tendit un crayon à Driss. Il prit l’objet dans ses mains et c’est là qu’il comprit l’allusion. Julie ne parlait pas du chat. Il tenait dans sa main un test de grossesse.

 

   - Attends, tu es en-ceinte ? Il eut du mal à prononcer le dernier mot.

   - Oui, dit Julie les larmes aux yeux. Et là, je ne sais vraiment pas si je dois me réjouir ou bien pleurer. C’est ta réaction qui m’inquiète le plus. Je ne veux surtout pas te perdre, dit-elle.

 

Driss se rassit. Il pensait la surprendre en lui proposant de partir avec lui mais là, c’était d’elle que venait la plus grosse surprise. Il était perdu. Il ne savait même pas quoi dire, c’était tellement inattendu. Julie, enceinte, alors qu’ils étaient ensemble depuis quoi ? Un mois !

   - Mais tu es enceinte de combien ? lui demanda-t-il inquiet en posant la main sur le ventre de la jeune femme.

   - Je ne sais pas, j’ai fait une prise de sang et mon médecin m’a demandé de faire une échographie pour dater le début de grossesse. J’ai un retard de 15 jours donc je dirais un mois maximum, soit depuis le début de notre relation.

   - Mais tu ne prends pas la pilule ? ajouta-t-il.

Driss avait un million de questions qui se bousculaient dans sa tête. Et il ne voulait pas agresser Julie mais il voulait savoir.

   - Si Driss, je prends la pilule mais mon médecin m’a dit que cela arrivait plus souvent qu’on ne le pensait.

   - Ok, d’accord, donc tu as ton échographie quand ?

   - Mardi matin à 10h. lui dit-elle alors que des larmes coulaient sur ses joues.

  - Je viendrai avec toi, la rassura-t-il en passant un doigt sur son visage afin d’essuyer les gouttes qui coulaient. On ne va pas prendre de décisions hâtives. Je te demande de me suivre sur Paris et tu m’annonces que tu es enceinte, cela fait beaucoup d’émotions  pour une soirée. Il se leva et se dirigea vers la cuisine. Tu veux boire quelque chose ? lui demanda-t-il. Un verre de vin ?

   - Euh…

   - Ah non merde t’es enceinte ! Un verre de jus d’orange alors !

 

Driss ouvrit le frigo à la recherche des bouteilles. Il ne savait pas quoi penser, il n’arrivait pas à penser ! Il aimait Julie et voulait passer sa vie avec elle, mais était-il prêt à être père ? Et cela ne mettrait pas en péril leur relation si récente ? Un bébé, une femme, un job important ! C’était ce qu’il avait toujours voulu, mais là tout de suite, il était perdu.

 

Julie le rejoint dans la cuisine alors qu’il prenait des verres sur la desserte. Elle se colla à son dos, serra ses bras autour de sa taille puis inspira un grand coup.

 

   - J’ai peur ! C’est trop tôt  et je ne sais pas quoi faire. Ais srtout je ne veux pas te perdre et je veux que l’on prenne une décision ensemble. Attendons mardi pour voir quelles sont nos options, d’accord ? Le médecin m’a parlé d’avortement mais il faut savoir de combien je suis enceinte.

 

Driss posa sa main sur celles de Julie et les serra fort. Il n’arrivait pas à parler. Dans sa tête des images s’entrechoquaient, Julie dans une chambre d’hôpital seule, triste puis heureuse, totalement épanouie avec un ventre rond visitant les rues piétonnes de la capitale puis poussant une poussette sous la Tour Eiffel. Il avait besoin de réfléchir peser le pour et le contre.

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 21:04

Julie stoppa son geste et posa le couteau sur la table. Elle se retourna pour faire face à Driss. Elle avait cru mal entendre, il lui avait proposé de venir avec lui sur paris ?

   - Attends, tu peux répéter s’il te plait ? dit-elle d’une petite voix.

Driss baissa les yeux l’air penaud. Il faisait son timide ou alors il regrettait déjà sa proposition !

    - Julie, je sais qu’on ne se connait pas depuis longtemps mais arrête-moi si je me trompe, on est bien ensemble, on a des sentiments l’un pour l’autre.

Driss laissa sa phrase en suspens dans l’attente d’une réponse  mais Julie garda le silence. Il reprit son monologue.

   - J’ai des sentiments pour toi et je crois bien que c’est la première fois que j’ai envie de mettre toutes les chances de mon côté pour que cette histoire marche. Il inspira un grand coup. Si j’ai le poste, si je pars vivre sur Paris, l’un de nous finira par se lasser d’une relation à distance. Je n’ai pas envie de me lasser de toi et encore moins que tu te lasses de moi.

 

Le jeune homme releva la tête et fixa Julie. Ils étaient là dans sa petite cuisine, en face l’un de l’autre, cherchant quelque chose à dire en signe de réponse pour Julie et sous forme de plaisanterie pour détendre l’atmosphère de la part de Driss. Julie était au pied du mur, elle aussi avait des sentiments pour lui, elle voulait également poursuivre cette relation avec le jeune homme, mais il y avait juste un problème, elle devait lui dire la vérité quoiqu’il en coûte. Julie se rapprocha et se dressa sur la pointe des pieds. Elle l’embrassa langoureusement en guise de réponse. Elle ne savait pas quoi faire ou quoi dire. Elle lui devait la vérité mais la lui dire maintenant serait sans doute compromettre son rendez-vous du lendemain matin. La jeune femme lui annoncerait lorsqu’il reviendrait de son entretien. Ce soir, elle allait tenter d’oublier ce point de détail.

 

   - Moi aussi j’ai des sentiments pour toi et j’ai envie de savoir où cela va nous mener, lui dit-elle en l’enserrant à la taille et posant la tête sur son torse. Elle prit une grande inspiration. Cela fait si peu de temps que nous sommes ensemble et en même temps, j’ai l’impression de te connaître depuis toujours.

 

Driss posa un baiser sur son crâne et respira ses cheveux. Il avait sans doute compris que Julie lui déclarait ses sentiments à sa façon. Ils restèrent ainsi quelques instants, comme si les dernières phrases avaient besoin d’être digérées. Ils étaient bien là tous les deux, Julie n’avait pas envie que cela change.

 

Lorsqu’ils s’écartèrent de quelques centimètres, Driss avait retrouvé sa bonne humeur et il ne semblait plus stressé ou pensif. Julie se devait de faire comme si de rien n’était et garder sa bonne humeur pour qu’ils passent une soirée agréable. Le jeune homme e dirigea vers le frigo, il l’ouvrit et prit une bouteille de vin blanc. Comme chez lui, il prit deux verres dans le meuble au-dessus de l’évier et commença à le remplir. Julie était gênée à nouveau, elle ne devait pas boire d’alcool pour le bébé mais quelle excuse pouvait-elle donner pour ne pas boire de vin.

   - Attends je vais prendre un verre de jus de fruits avant le verre de vin, toutes ces émotions, ça m’a donné soif, dit-elle tout en continuant de couper ses tomates.

   - Pas de soucis, ma puce, je m’en occupe ! répondit Driss sans se poser plus de questions.

 

La soirée passa très tranquillement, ils mangèrent tout discutant principalement de l’entretien de Driss prévu le lendemain matin. Julie prit son temps pour boire son verre de jus d’orange et Driss ne releva même pas qu’elle n’avait pas pris de vin. Ils se rendirent ensuite tous les deux dans l’appartement du jeune homme afin de choisir une tenue plus formelle. Julie était assise sur le lit de Driss tandis que celui-ci lui présentait costumes, chemises et cravates. Au bout d’une bonne heure, ils avaient trouvé un ensemble qui convenait parfaitement. Driss avait déposé le tout sur un cintre. Il vint ensuite s’allonger à côté de Julie.

 

Appuyé sur son coude, il se pencha vers elle pour l’embrasser. Au bout de quelques secondes, la passion prit le dessus. Les mains du jeune homme se firent plus pressantes, le corps de Julie frissonnait de plaisir. Elle s’accrocha à son cou et tous ses doutes s’effacèrent sous les caresses de son amant. Julie ne voulait pas penser à ce qu’il se passerait le lendemain lorsqu’elle lui annoncerait sa grossesse, elle voulait juste savourer l’instant. Elle ferma les yeux et se concentra sur le moment présent.

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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 21:34

   - J’ai quelque chose à te dire !

Driss et Julie s’étaient exprimés en même temps. Et cela n’augurait rien de bon. Cette phrase était dans le top 10 des phrases  annonçant une mauvaise nouvelle. Assis tous les deux sur le canapé, Julie avait replié ses genoux dans ses bras et s’était mise face à Driss afin de capter son regard. Le jeune homme était assis de biais un bras posé sur le dossier du canapé, il lui caressait l’épaule délicatement et regardait Julie avec appréhension.

   - Aaah ! lui dit-il mal à l’aise. Je n’ai jamais aimé cette phrase et l’entendre dans ta bouche, j’avoue que ça me fait un peu peur mais j’ai besoin de te parler que quelque chose d’important et je sais que ce n’est pas très galant mais j’aimerais commencer.

   - Si tu veux, répondit Julie presque soulagée de remettre son annonce à plus tard.

En même temps, elle souhaitait savoir ce qu’il avait à lui dire de si important, il avait été distant depuis deux jours et Julie se demandait s’il ne soupçonnait pas quelque chose concernant son état.

   - Voilà ! Driss était stressé, il tapait du pied. Je voulais attendre demain pour t’en parler mais je préfère te le dire maintenant. J’ai du mal à garder une telle nouvelle pour moi et je n’ai pas envie de te cacher quoique ce soit. Bon je me lance… dit-il tentant de désamorcer la situation. Demain matin, je dois aller sur Paris pour rencontrer le rédacteur en chef du journal de M6 A priori il pourrait me proposer un poste de présentateur pour le journal de midi.

Julie sourit. Elle n’en revenait pas ! Driss allait présenter le journal sur une chaîne nationale ! C’était la suite logique, l’aboutissement de son travail, elle ne pouvait qu’être ravie pour lui.

   - Présentateur du journal ! Mais c’est super ! dit-elle en lui autant dans les bras.

Julie le serra dans ses bras. Elle voulait le meilleur pour lui, du coup son annonce à elle pourrait attendre. Elle ne voulait pas gâcher la fête.

   - C’est vrai ! Tu es contente pour moi ? Lui répondit Driss. Ce n’est qu’un entretien, il n’y a rien de fait, par contre. Je n’ai pas envie de m’emballer…

   - Mais attends, c’est super ! Le coupa Julie.

Elle tentait de faire oublier que quelques minutes auparavant elle avait, elle aussi une annonce à faire.

   - Je sais, répondit Driss. C’est vraiment une chance pour moi.

Il saisit Julie par la taille et l’embrassa langoureusement. Lorsque leurs lèvres se décollèrent, il souriait, heureux.

   - Et toi, tu n’avais pas quelque chose à me dire ?

Zut, il n’avait pas oublié. Il fallait qu’elle trouve une parade. Julie ne voulait surtout pas lui annoncer cela maintenant. Autant attendre demain soir lorsque son entretien serait passé et qu’elle saurait à quoi s’en tenir..

   - Non rien d’important, ne t’inquiète pas, lui dit-elle en secouant la main. Et tu prends le train demain matin à quelle heure ? Je pourrais peut-être t’accompagner, dit-elle pour changer de conversation.

   - Oh oui avec plaisir, tu vas m’empêcher de stresser jusqu’au départ et ça ne me fera pas de mal ! Je dois être à la gare pour 9H15 mais je rentrerai dans l’après-midi, je dois enregistrer le journal du soir au boulot.

   - Je peux te préparer un encas si tu veux pour le voyage, je sais que ce n’est pas loin mais il ne faut pas que tu partes le ventre vide, dit Julie.

Elle se leva du canapé et colla un baiser sur le front du jeune homme. Elle lui passa la main dans les cheveux, tout sourire et s’éloigna en direction de la cuisine. Demain ! Elle attendrait demain soir pour lui annoncer sa grossesse. De toute façon, si Driss avait le poste, il partirait sur Paris. Et elle ne se voyait pas gérer une relation à distance ainsi qu’un bébé. La jeune femme ouvrit la porte du frigo à la recherche du dîner. Ses pensées tournaient dans tous les sens. Elle ne s’attendait pas à ce revirement de situation. Elle aurait aimé oublier son état ne serait-ce qu’un instant. Elle avait surtout besoin de se vider la tête mais c’était impossible. Mille questions s’entrechoquaient et ses sentiments prenaient le contrôle. D’instinct, elle posa la main sur son ventre. Elle était enceinte, le test sanguin effectué au labo l’avait confirmé et son médecin traitant qui lui avait proposé de la suivre, lui avait demandé de réaliser une échographie, pour savoir à quel stade en était sa grossesse. Elle avait rendez-vous le mardi suivant, et elle ne savait pas si Driss serait à côté à ce moment-là. Peut-être qu’il s’agissait de ses derniers jours en compagnie du jeune homme, lui partant pour une nouvelle vie palpitante sur la capitale et elle en proie au doute.

Julie sentit une larme rouler sur sa joue. Elle n’avait pas envie de pleurer mais tout s’enchainait trop vite. Ils se découvraient à peine, et voilà que Driss lui annonçait un départ possible loin d’elle. Quelle serait sa réaction lorsqu’il apprendra qu’elle est enceinte. Elle respira un grand coup, essuya la goutte posée sur sa joue et chassa ses idées maussades. Il fallait qu’elle profite de ses moments de bonheur avec lui, après tout, il s’agissait sans doute des derniers. Julie prit une grappe de tomates dans le bac à légumes et se dirigea vers son plan de travail. Préparer le dîner et ne penser à rien d’autres ! Driss apparut dans l’encadrement de la porte, le sourire aux lèvres, il paraissait tellement heureux et elle ne voulait surtout pas que cela change. Elle irait à l’échographie toute seule et mettrait un terme à cette grossesse. Sa décision était prise. Driss s’approcha doucement et passa une main autour de sa taille. Il enfouit son nez dans ses cheveux et l’embrassa dans le cou.

   - J’ai oublié de te dire, si toutefois j’avais ce poste sur Paris, est ce que tu voudrais venir avec moi ? lui demanda-t-il la tête posée sur son épaule.

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 20:01

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A : Julie

« Eh toi ! Tu passes une bonne journée ? J’ai une interview ce soir, je vais finir plus tard mais je rentre au plus vite ! Bisous »

 

Driss fixait son téléphone. Il n‘avait pas menti, il avait bien une interview ce soir. Mais dans un sens, cela l’arrangeait de finir plus tard, moins de temps il passerait avec Julie, plus il serait facile pour lui, de lui cacher la vérité. Tant qu’il n’en saurait pas plus et que rien ne serait confirmé, il garderait cela pour lui. Driss tenait toujours son portable dans la main. Il était assis à son bureau et face à lui trônait un tas de feuilles pour son interview de ce soir. Depuis ce matin, il tentait de se concentrer mais suite à cet appel, il était vraiment difficile pour lui de se remettre au travail. Il avait chaud mais il avait depuis longtemps ôté son pull et ne portait plus que son tee-shirt sur son jean. Evidemment, il ne mettrait pas cette tenue-là pour son futur rendez-vous !

 

Quand il repensait au matin même, son ventre se tendait encore. Alors qu’il était en pleine réunion de travail pour préparer l’enregistrement du journal du soir, Driss avait reçu un appel très étonnant et non moins plaisant. Le rédacteur en chef d’une des plus grandes chaînes nationales l’avait contacté pour lui proposer un rendez-vous. Ils avaient discuté pendant une bonne dizaine de minutes et Driss avait compris à demi-mot qu’il comptait lui proposer un poste de présentateur au journal du midi en tant que remplacement du journaliste vedette. Un travail complètement différent car il s’agissait de direct et également de sujets non plus régionaux mais nationaux et internationaux, mais quel challenge cela pouvait être : Une équipe de rédaction beaucoup plus importante, des sujets très intéressants avec des intervenants de haut vol et des collègues prestigieux. Driss sentait l’adrénaline parcourir son corps et il n’arrivait pas à se concentrer sur quoique ce soit. Ses pensées voguaient, des images se formaient dans sa tête, il se voyait déjà assis face au prompteur à une heure de grande écoute.

Le seul point noir : habiter sur Paris, non pas que la vie parisienne ne le dérange, il avait travaillé là-bas durant quelques années. Mais aujourd’hui et depuis peu, il avait Julie dans sa vie et il ne savait pas quelle tournure prendrait les évènements si cela se concrétisait. Il aurait voulu vivre cette nouvelle relation normalement, calmement, qu’ils prennent le temps de se découvrir l’un l’autre. Mais là, si lui partait, comment allaient-ils pouvoir construire leur histoire ? Il ne se sentait pas capable de vivre une relation longue distance surtout qu’iIs étaient ensemble depuis très peu de temps. Ça serait donc la fin de leur couple ! Driss sentit tout l’engouement retomber. Il y a quelques semaines de cela, si on lui avait fait cette proposition il n’aurait pas hésité une seule seconde et si on lui avait dit qu’une fille remettrait tout en question il aurait bien ri. Passer à côté de la chance de sa vie pour une fille… Driss se passa la main dans les cheveux. Mais ce n’était pas n’importe quelle fille et cela il ne pouvait pas le nier. Jamais auparavant il n’avait envoyé autant de messages, fait tant attention et surtout n’avait jamais été autant heureux. Il ne voulait pas dire qu’il était amoureux, non c’était trop tôt… Mais en même temps…

 

Driss avait une raison de plus pour manquer de concentration. De toute façon, il n’avait son rendez-vous avec le responsable de la rédaction vendredi, cela ne servirait à rien d’en parler à Julie avant. Il se pouvait que cela n’aboutisse pas au final. Mieux valait attendre d’en savoir plus avant de prendre des décisions trop hâtives.

 

Le jeune homme repris le paquet de feuilles qu’il avait mis de côté et se replongea dans la biographie de l’auteur qu’il recevait le soir-même. Il aimait tout connaître des personnes qu’il interviewait et il ne lui restait plus que quelques heures pour tout savoir de son interlocuteur. 

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 21:37

Julie était face à son ordinateur. Elle était en ligne avec un électricien et à deux ils tentaient de trouver un créneau pour une intervention sur le circuit électrique du couloir. Julie avait constaté depuis plusieurs jours que certains interrupteurs de la cage d’escaliers se bloquaient et de ce fait, la lumière restait allumée toute la nuit. Julie était consciencieuse, elle prenait son travail au sérieux et elle savait que toutes les dépenses si minimes soient-elles se répercutaient sur la vie de l’immeuble et sur tous les résidents. Après avoir trouvé un créneau de libre pour le jeudi suivant, Julie se dit qu’il serait peut-être bon d’écrire un courrier informatif expliquant le problème et les solutions envisagées jusqu’au rendez-vous du jeudi.

 

La jeune femme allait fermer son ordinateur lorsqu’elle tiqua sur une date en particulier. Elle fit glisser son doigt sur le pavé tactile et afficha le mois précèdent. Julie compta une première fois, puis une seconde. Elle avait toujours eu du mal à se souvenir des dates et des évènements, voilà pourquoi son calendrier lui servait de mémo. Quinze jours ! Elle avait quinze jours de retard de règles. Pas deux ou trois jours mais quinze. Cela ne lui était jamais arrivé !

 

Julie sentit sa gorge se nouer. Un retard pareil, mise à part un trop gros stress ou une trop grande fatigue, il ne pouvait s’agir que d’une chose. Elle était enceinte. Cela faisait juste trois semaines qu’ils étaient ensemble et Julie était enceinte. Elle prenait la pilule pourtant, et il ne lui semblait pas l’avoir oublié au cours du mois dernier. Toujours assise sur sa chaise, elle sentit son estomac se soulever. Il ne fallait pas qu’elle stresse sans raison, elle devait en avoir le cœur net. Il n’était pas encore midi et Julie savait qu’il y avait une pharmacie à quelques rues de chez elle. La jeune femme se leva et attrapa son manteau et son sac qui étaient posés juste derrière la porte menant à son appartement. Elle prit également ses clés et déposa une affiche indiquant qu’elle s’absentait quelques minutes. Elle poussa la porte de l’immeuble et se dirigea au pas de course vers une rue adjacente.

 

 

Une dizaine de minutes s’étaient écoulées depuis son départ. La jeune femme n’avait pas mis beaucoup de temps pour faire son aller-retour. Elle avait acheté deux tests de grossesse de marques différentes, au cas où. Elle avait également laissé l’affiche sur la fenêtre de la loge. Elle n’avait pas envie d’être dérangée durant les prochaines minutes.

 

Assise sur la cuvette des toilettes, Julie tenait le bâtonnet du bout des doigts. Son cœur battait très vite, trop vite et son cerveau fusait dans tous les sens. Dans tous les films, les héroïnes devaient toujours attendre de longues minutes pour connaitre le résultat et sauter de joie dans le bras du futur papa ou dans ceux de la meilleure amie. Julie n’avait pas eu à attendre. Les deux petites barres roses se tenaient côte à côte, raides comme la justice, l’une étant le témoin et l’autre le résultat. Elle était enceinte. Malheureusement, elle n’avait pas le futur papa à ses côtés ni même une amie pour la soutenir. Julie était assise seule dans ses toilettes et elle se demandait ce qu’il allait se passer et surtout qu’elle serait la réaction de Driss. Cela faisait trop peu de temps qu’ils étaient ensemble, c’était inenvisageable pour elle de lui imposer cela et en même temps, Julie posa la main sur son ventre et soupira, un bébé grandissait dans son ventre. Elle ne savait pas quoi faire.

 

Le choc passé, Julie se releva et fila en direction de la salle de bains. Elle avait besoin d’un peu de temps pour savoir comment elle allait annoncer la nouvelle à Driss. Tout en se lavant les mains, Julie réfléchissait. Il fallait qu’elle connaisse les différentes solutions qui existaient afin d’y voir plus clair. Elle rangea soigneusement le test dans l’emballage, prit l’ensemble et le déposa dans le tiroir de sa commode, caché sous ses chaussettes.

 

Julie referma le tiroir et se dit qu’elle avait besoin d’un remontant. Il lui fallait un café et aussi prendre rendez-vous avec son médecin pour savoir ce qu’il fallait qu’elle fasse. Mais pouvait-elle encore boire du café en étant enceinte ? Julie fut prise d’un doute. Elle préféra jouer la sécurité et appeler le secrétariat de son docteur afin de prendre un rendez-vous. La secrétaire qui était très agréable l’informa qu’elle pouvait si elle le souhaitait faire une prise de sang dans un laboratoire dans un premier temps soit dès demain matin, et elle aurait juste à apporter l’ordonnance de prise en charge du médecin après. Julie soupira tandis qu’elle raccrochait. Peut-être qu’il s’agissait d’une erreur, d’un test faussé, elle ne voulait pas faire fuir Driss alors qu’il n’y avait peut-être rien du tout. Elle réfléchit quelques instants et se dit qu’il fallait mieux pour elle et pour eux, d’attendre les résultats de la prise de sang pour en parler. Julie retourna vers la loge et se rassit face à son ordinateur, elle chercha les laboratoires d’analyses les plus proches de chez elle. Elle passa un unique coup de fil et on lui indiqua qu’elle pouvait passer dès le lendemain matin pour faire une prise de sang. Elle aurait les résultats dans la journée.

Julie avait son téléphone encore dans la main, lorsqu’elle entendit la sonnerie indiquant qu’elle avait reçu un message. Driss, elle le sentait. A croire qu’il avait lui aussi un sixième sens.

1 nouveau message 

De : Driss

« Eh toi ! Tu passes une bonne journée ? J’ai une interview ce soir, je vais finir plus tard mais je rentre au plus vite ! Bisous »

Julie était presque soulagée par cette nouvelle. Passer la soirée en tête à tête avec Driss et faire comme si de rien n’était, aurait été trop dur.

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 22:14

1 nouveau message :

De : DRISS

"Salut toi, je crois que j’ai encore perdu mes clés… Je peux dormir chez toi ? ;-) "

     Julie sourit. Elle savait très bien que Driss n’avait pas perdu ses clés, il avait juste pris cette excuse, pour pouvoir dormir chez elle ce soir. Et franchement, elle adorait cela ! Cela faisait plus de trois semaines qu’ils sortaient ensemble et ils n‘avaient pas passé une nuit séparée depuis la toute première. Dès que Driss sortait du travail, il la rejoignait dans sa loge et ne la quittait plus. Lors de ses permanences du samedi matin, Julie le laissait dormir tranquillement en compagnie de Bulle, la petite chatte noire qu’ils avaient trouvé un samedi après-midi. Le chaton avait vite pris ses repères et passait son temps avec eux, à ronronner assis sur les genoux de l’un ou de l’autre. Driss était complètement dingue de leur chat, car oui, ce n’était pas celui de Julie c’était le leur. Et ce « leur » prouvait une fois encore que Driss n’était pas juste de passage dans sa vie. Pourtant, elle n’aurait jamais cru se remettre si rapidement en couple, avoir envie de présenter quelqu’un à ses parents et évoquer des projets qui l'emmenaient plus loin que le samedi suivant. Grâce à lui, elle n’avait plus peur la nuit, elle ne faisait plus de cauchemars, elle reprenait confiance en elle et en les hommes. Driss la rassurait, ne tarissait pas d’éloges la concernant. Julie passait son temps à sourire bêtement, ce que Fatima avait constaté un midi alors qu’elles mangeaient ensemble. Son amie lui avait tiré les vers du nez pendant plus d’une heure, lui posant de multiples questions sur l’élu et lui faisant promettre d’organiser un dîner afin qu’elle puisse le rencontrer sous peu. Chose qu’ils avaient faite quelques jours plus tard. Et la rencontre n’avait fait que conforter l’idée que Julie avait en tête. Driss était adorable et il avait des sentiments pour elle. Fatima l’avait sondé, lui avait tendu des perches, l’avait taquiné et pour finir avait  appelé Julie pour lui dire à quel point elle l’avait adoré.

 

La jeune femme était assise à son bureau. Elle avait finit son travail de la journée et  attendait patiemment l’arrivée de certains locataires afin de leur donner leurs courriers. Elle s’était habituée à cette nouvelle vie et elle aimait son travail même si depuis peu et grâce à la motivation de Driss, elle pensait de plus en plus à retourner en cuisine pour assouvir sa passion. Il la poussait à réaliser ses rêves, il n’avait pas peur qu’elle le délaisse pour son travail, car il savait ce que c’était de faire ce que l’on aimait et il trouvait important qu’elle recommence là où elle s'était arrêtée même si cela serait sans doute au détriment de leurs soirées. Julie était assise les yeux dans le vide. Elle secoua la tête afin de reprendre ses esprits. Elle savait que Driss ne reviendrait pas avant deux bonnes heures, et se dit qu’elle avait donc du temps à tuer. 

 

Elle se leva et s’avança vers la porte qui donnait sur son appartement. Un café noir et un câlin de Bulle, voilà ce qui lui permettrait de passer le temps. Le chaton devait dormir sur le lit comme d’habitude. Julie se dirigea vers sa chambre mais elle constata que l’animal jouait dans la salle de bain. Elle sourit lorsqu’elle le découvrit allongé sur le tapis en éponge avec dans les pattes l’un de ses tampons. Son instinct de chasseur sans doute… De toute façon, elle découvrait chaque jour qu’un animal si petit trouvait toujours quelques bêtises à faire, même si Driss tel un papa poule lui achetait des jouets à chaque visite au supermarché, Bulle préferait les affaires qui trainaient de ci de là. Julie prit Bulle dans ses bras et déposa le jouet improvisé sur le rebord du lavabo. A peine installée dans le creux de son bras, la petite chatte mit le moteur en route, en ronronnant d’aise. Julie colla un baiser sur sa tête et enfouie son nez dans ses poils noirs. Elle était folle de cette petite bête !

De retour dans la loge, Julie se rassit face à son ordinateur. Elle prit son téléphone et appuya sur l’écran afin de répondre à Driss.

Répondre

A : Driss

«  Encore Monsieur, mais ça devient une habitude votre histoire, j’ai l’impression que vous profitez de cette pauvre concierge. Bisous »

Julie adorait leurs différents échanges. Il arrivait toujours à la faire sourire.

 

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 21:43

Alors comment allons-nous l’appeler … Julie se répétait la phrase en boucle dans sa tête. A-lors com-ment all-ons-nous l’a-ppe-ler….Elle avait beau épeler, elle n’arrivait pas à comprendre la portée de cette question. Il était ensemble que depuis quelques jours et là il lui proposait genre un avenir avec un chat comme premier enfant.

Non, Julie s’emballait, il avait sans doute dit cela sur le ton de la plaisanterie. Au final, ils étaient ensemble au moment de la découverte, donc c’était juste une façon d’être poli. Voilà, il avait voulu être poli…Fin de cette discussion avec elle-même !

Julie était en pleine réflexion et marchait protégeant la boule de poils nichée contre elle tandis que Driss la tenait par l’épaule. Elle n’avait pas réfléchi plus de deux minutes lorsqu’elle avait soulevé cette pile de cartons, hors de question de laisser ce chaton là ou de l’amener à une association. Après tout, elle vivait seule dans son propre appartement et elle avait toujours rêvé d’avoir un animal de compagnie. C’était le destin !

Arrivés devant leur immeuble, la jeune femme ne savait pas trop quoi dire ou faire. Il était encore tôt et il faudrait qu’elle se rendre dans un magasin pour acheter le nécessaire pour s’occuper du chat. Driss lui ouvrit la porte pour la laisser passer. Elle retint l’animal d’une main afin de chercher ses clés de l’autre. Driss attrapa son sac et lui l’ouvrit pour qu’elle puisse chercher plus facilement. Ils étaient là, l’un en face de l’autre et pendant quelques secondes, le temps s’arrêta, ils se fixaient, ils cherchaient à savoir qui allait prendre la parole en premier et ce que l’autre allait proposer.

Driss caressa la boule de poils qui ronronnait d’aise. Il se racla la gorge et prit la parole.

   - J’imagine que tu n’as pas le nécessaire pour accueillir un chaton chez toi… Tu veux que j’aille t’acheter tout ce qu’il te faut, j’en ai pour une demi-heure. Ensuite, je reviens, on installe tout et on lui trouve un prénom à cette peluche.

Julie était bouche bée. Il était plein de surprises cet homme.

   - Euh, oui, si tu veux, mais je ne veux pas t’embêter.

   - Arrête, ça me fait plaisir.

Driss s’avança vers elle, et lui colla un long baiser sur la bouche tout en prenant soin de ne pas écraser le chaton qui était toujours collé contre elle. Julie était à la recherche de ses clefs et dorénavant de son portefeuille mais le jeune homme ne lui en laissa pas le temps de donner l’argent nécessaire. Il lui caressa la joue et partit en direction de la rue.

Elle passa la porte de la loge et referma soigneusement la porte. Elle prit le chaton et le mit face à elle.

   - T’as vu ce gars-là ! Franchement, on est bien tombé, hein !

Julie lui sourit et il lui répondit par un miaulement très discret.

Elle n’avait pas l’impression d’être rêveuse ou trop fleur bleue mais ces quelques moments passés avec Driss, elle avait adoré. Et puis Merde, il avait assuré quoi depuis le début

Bon voilà elle était cucul, c’était trop mignon !!

42° Chat va bien!
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  • : Quand on me demande quelle est ma passion, généralement, je dis que je n'en ai pas... Mes étagères pleines de livres et mon ordinateur rempli d'histoires disent le contraire pourtant! J'adore lire, je dévore les livres, thriller, polar, chick-lit, roman à l'eau de rose, les BD, le journal de la ville et les règles du sudoku, rien ne m'échappe! L'écriture découle de cette passion, parce des histoires j'en lis pleins mais les écrire et les faire partager, c'est tout autant enrichissant, non?
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