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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 18:26

Le jeune homme rompit le silence avant elle. Il commença par lui poser des questions sur ses cours, sur sa vie. Léa répondait et l’interrogeait en retour. Ils discutèrent longtemps et se trouvèrent beaucoup de points communs. Les discutions devinrent plus intimes au fur et à mesure que la nuit avançait. Les pieds posés sur la table basse face à eux, Ils avaient enlevé leurs chaussures pour être plus à l’aise. Ils s’échangèrent leurs pires hontes en riant l’un de l’autre, la nuit leur permettait d’être plus à l’aise et les enhardissait. Léa commençait à avoir des fourmis dans les jambes à force de rester immobile et elle se leva afin de se dégourdir un peu. Elle se dit que jamais elle n’arriverait à dormir sur ces fauteuils inconfortables.

 

Elle pourrait profiter de ce temps bloquée ici pour continuer ses révisions mais elle n’en avait pas vraiment envie. Pourquoi ne pas profiter d’être seule, enfin presque seule pour visiter et prendre le temps de découvrir des livres qu’elle n’aurait plus jamais l’occasion d’ouvrir. Elle n’eut pas besoin de fouiller longtemps pour trouver une lampe de poche en état de marche et elle proposa à Maxime de se joindre à elle. Tous deux partir dans l’allée centrale à la recherche de trésors. Le jeune homme restait assez près d’elle pour profiter de la lumière qui éclairait le sol puis les étagères de son faisceau. Ils découvrirent un rayon comprenant de gros volumes qui tenaient difficilement sur les étagères en bois. Intrigués, Léa et Maxime s’approchèrent tous deux du même rayonnage, attirés par les couvertures en cuir usés et rongés par les années. Un épais volume en cuir rouge attira leur attention, il n’y avait rien de noter sur la tranche et il paraissait encore plus ancien que les autres.

 

Ils tendirent la main au même moment et se touchèrent du bout des doigts. Ce fut comme un courant électrique qui passa sur tout leur épiderme. Ils se fixèrent surpris par ce qu’il venait de se passer. C’est la première fois que Léa était aussi près de Maxime et elle remarqua ses yeux marrons en amande et les quelques grains de beauté qui parsemaient son visage. Avec cette lumière, elle le trouvait particulièrement beau et se sentait irrémédiablement attiré par lui. Cette attirance était réciproque car le jeune homme se rapprocha lentement jusqu’à  ce que leurs visages ne soient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre. Il lui caressa la joue du bout des doigts et replaça l’une des mèches blondes de Léa derrière son oreille. Lorsqu’il posa ses lèvres sur les siennes, la décharge électrique se fit plus douce mais plus prenante, comme si elle se déplaçait le long de son corps, parcourant chaque centimètre carré de sa peau. Leurs lèvres s’entrouvrirent. Leurs langues se cherchèrent et s’entremêlèrent. Ce contact était si agréable et aucun d’eux n’avait envie d’arrêter ce baiser digne des meilleures comédies romantiques. La mauvaise série B faisait place à une jolie histoire d’amour comme Léa aimait les regarder au cinéma avec ses amies. Impossible de dire si des secondes voir des minutes passèrent, ce baiser lui avait fait perdre la notion du temps Elle se laissait aller à ce délicieux contact, les yeux fermés. Lorsqu’ils se détachèrent l’un de l’autre, Léa et Maxime soupirèrent à l’unisson. Le coup de foudre n’était pas forcément au premier regard mais plutôt au premier baiser, elle en était sûre maintenant. Maxime lui prit la main et l’emmena se promener dans la bibliothèque. A chaque intersection, il s’arrêtait et l’embrassait, Ils échangeaient quelques mots mais n’avaient même plus besoin de parler pour se comprendre, le seul contact de leur peau leur suffisait. Jamais Léa n’avait ressenti une chose pareille, elle avait l’impression d’être comme un livre ouvert. Evidemment elle avait eu quelques relations plus ou moins longues et plus ou moins passionnées mais là c’était tout autre chose. Maxime était tactile, il lui caressait la joue lorsqu’ils s’arrêtaient ou lui tenait la main délicatement et la portait à ses lèvres alors qu’ils marchaient d’une étagère à une autre.

 

La nuit passa comme dans un rêve et Léa n’avait plus du tout envie qu’elle se termine. C’était une trêve au milieu de cette vie si morne, une passerelle enchantée, elle avait l’impression d’être une princesse et d’avoir trouvé son prince charmant.

 

Allongés face à face, ils discutèrent de leurs vies, encore et encore, de ce qu’ils feraient le lendemain. Léa lui parla de ses examens à venir et du temps qu’elle souhaitait encore y consacrer. Maxime rit en lui disant qu’elle avait la tête sur les épaules et qu’il l’attendrait le temps de ses partiels et qu’ensuite ils ne se séparaient plus.

 

La jeune femme sentait le sommeil arriver. Maxime lui caressa la joue une dernière fois.

 

      - Merci pour cette nuit, Léa ! C’est un moment que je n’oublierais jamais.

    - J’espère en vivre beaucoup d’autres… Avec toi ! lui répondit-elle, la bouche pâteuse, les yeux mi-clos.

 

 Et elle s’endormit.

 

Léa rêvait encore lorsque quelqu’un lui tapa sur l’épaule. Elle ouvrit les yeux et tourna la tête s’attendant à voir Maxime. Mais ce fut une femme brune qui occupait l’accueil généralement le matin qui était debout au-dessus d’elle.

 

   - Mademoiselle, vous avez dormi ici ? demanda-t-elle sans aucune trace de colère dans la voix.

   - Oui répondit Léa, Nous avons été enfermé hier soir et nous n’avons trouvé aucune sortie.

   - Nous ! mais vous êtes toute seule, ici, je viens d’arriver et il n’y a personne d’autre, dit la femme en regardant autour d’elle à la recherche de quelqu’un d’autre.

  - J’étais avec un jeune homme brun, il s’appelle Maxime, lui aussi a été enfermé hier soir.

 

Léa se releva et remit de l’ordre dans ses cheveux. Elle épousseta sa tunique froissée par la nuit sur le fauteuil. Elle eut beau regarder tout autour d’elle, elle ne vit aucune trace de Maxime. Elle crut à une blague de mauvais goût mais la femme face à elle ne ressemblait pas à une présentatrice de caméra cachée. Peut-être s’était-il caché ou alors il était parti aux toilettes. La femme tourna les talons et alla s’installer à son bureau. Julie laissa son sac sur la table basse et se dirigea vers les toilettes mais elle ne put constater qu’il y avait personne.

 

Elle se rappela alors de leur premier baiser et  se dit que peut-être il l’attendait là-bas. Arrivé devant l’étagère, elle rougit au souvenir agréable de la nuit passée. L’énorme volume de cuir rouge était là face à elle. Un papier dépassait de la couverture. Intriguée, Léa attrapa le volume et le déposa sur une table qui se trouvait à quelques mètres de là. Lorsqu’elle l’ouvrit, elle fut étonner de voir qu’il s’agissait d’un livre à fond creux et qu’au centre de celui-ci, se trouvait une sorte de carnet en toile noire, comme un journal intime. Julie le prit délicatement. Le papier qui dépassait était en fait une photo et elle reconnut de suite Maxime. Il était habillé comme cette nuit. Le papier était jauni par le temps. Elle tourna la première page et découvrit des lignes noircies par une écriture fine. Tout en haut, la date. 20 janvier 1985. Impossible ! Ce carnet ne pouvait pas appartenir à Maxime, il avait dû le trouver et le cacher. Elle le retourna et lut l’inscription. « Maxime Breton, Paris, 1985 »

 

Elle voulait en savoir plus, et pour en avoir le cœur net, elle feuilleta le carnet et atteint la dernière page et déchiffra les dernières lignes.

 

            «  14 Mai 1985. Aujourd’hui est le dernier jour de ma vie, je le sais car j’ai décidé d’y mettre fin. Je n’apporte rien et ne manquerai à personne. Celui ou celle qui trouvera ce carnet pourra le garder pour mémoire. »

 

Léa ne voulait pas y croire. Ce n’était pas possible, elle n’avait pas rêvé de la nuit dernière. Elle relut les derniers mots. Alors qu’elle restait bloquée sur ce point final, Léa constata que sur la page d’â côté des mots apparaissaient au fur et à mesure. Les larmes aux yeux, elle lut les derniers mots de Maxime.

 

« Léa, si je t’avais rencontré il y a vingt ans, ma vie aurait été tout autre. Merci de m’avoir fait vivre la plus belle nuit de ma vie. Pour toujours Maxime. »

 

Se pouvait-il qu’elle est passée la nuit avec un fantôme ? Elle connaissait la réponse, la preuve était sous ses yeux malheureusement.

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 13:47

Léa avait enfilé son peignoir par-dessus sa chemise de nuit. Il avait beau ne pas faire froid, la fatigue la faisait grelotter. Face à elle sur le bureau, tous ses livres étaient étalés, elle prenait des notes sur de petites fiches bristol, mais chaque fiche supplémentaire lui donnait l’impression que jamais elle ne s’en sortirait. La jeune femme reprit sa tasse de thé, en but une longue gorgée en fermant les yeux. Trois chambres plus loin, plusieurs étudiants s’étaient réunis pour organiser une petite sauterie. Le son était incroyablement fort et elle se demandait comment le reste de la cité universitaire pouvait réussir à dormir ou à faire quoique ce soit d’autre.

 

Il était tard, très tard et la musique avait enfin baissé d’un ton, les survivants de la fête s’étaient enfin décidé à lever le camp ou à mourir des litres d’alcool dans le sang au fond du couloir. Elle pouvait enfin se recoucher et dormir un peu. D’une main elle défit le nœud de son peignoir tandis que l’autre elle fermait le livre d’économie posé au-dessus de la pile. Léa avait besoin de quelques heures de sommeil qu’elle espérait réparatrices au vue de la charge de travail qui l’attendait le lendemain. Elle prit le temps de défaire ses cheveux blonds qu’elle avait attaché en un semblant de chignon et de se brosser les dents avant de filer sous sa couette. D’ici quelques heures son réveil sonnerait comme le clairon un jour de guerre.

 

A peine quatre heures plus tard Léa était face à son miroir et elle baillait à s’en décrocher la mâchoire. La douche, n’avait pas eu l’effet escompté, le thé non plus. Elle lutta pour ne pas s’asseoir sur son lit, car elle n’avait qu’une envie, retourner se loger sous ses draps. Mais elle s’était fixée un objectif et pour rien au monde, elle ne voulait flancher. Aujourd’hui, révision des cours de droits à la bibliothèque. Elle fourra dans son sac, ses notes, ses cours, puis rajouta deux paquets de gâteaux et une bouteille d’eau. La journée allait être longue mais en aucun cas, elle ne sortirait de là-bas sans être sûre que ses révisions de droit étaient achevées. Son ordinateur portable ainsi que son téléphone étaient posés sur son bureau. Elle fut tentée de prendre le second mais au final, comme elle n’avait pas pensé le recharger, elle préféra le laisser-là plutôt que de subir le bip de fin de batterie.

 

Le vent frais du matin la ragaillardie et elle marcha d’un bon pas. Arrivée face à l’édifice, elle ne put qu’apprécier sa beauté encore une fois. La bibliothèque faisait partie de l’université mais elle avait la particularité d’être implantée dans un ancien couvent. Le bâtiment avait été réaménagé mais le charme des vieilles pierres et le cloître en son sein donnaient une impression de calme et tranquillité. La jeune femme passa sous le premier porche et se rendit directement vers la bibliothèque, pas le temps de paresser aujourd’hui. Elle poussa la lourde porte en bois d’époque et entra dans le lieu qui serait le sien pour les dix heures à venir. Elle passa la première salle dont les volumes impressionnants, la hauteur sous plafond et les multiples étagères en métal donnaient un aspect froid et triste à l’ensemble. Léa longea la salle. Elle continua en direction d’une seconde pièce d’allure plus modeste. Les boiseries avaient été conservées et les livres étaient encore rangés dans des étagères en bois. Elle adorait cet endroit qui sentait le bois et le papier. Des lucarnes apportaient de la lumière à la pièce et des lampes posées sur les bureaux donnaient une atmosphère douce. La première fois qu’elle était venue, elle avait constaté qu’il n’y avait pas dû y avoir beaucoup d’aménagements depuis la mise en place de la bibliothèque. Des tables de travail avaient été ajoutées surtout là où on pouvait les loger. Les étagères en bois massif même vidées de leur contenu devaient être bien trop lourdes pour être déplacés et l’administration n’avait pas le temps de s’occuper de ça. Il y avait des livres et le moyen de les consulter, c’est tout ce qui était demandé après tout. Léa aimait cet endroit, elle s’y sentait à l’aise. Elle tourna à gauche après la seconde étagère et longea le mur pendant quelques mètres. Quelqu’un venant pour la première fois aurait pu croire à un véritable labyrinthe mais elle connaissait assez les lieux pour savoir où se rendre sans se perdre. Coincée dans un dédale d’étagères, une table d’un mètre environ avait été déposée là comme par erreur, et si Léa ne s’était pas aventurée par-là, elle n’aurait jamais trouvé cet endroit, ce havre de paix imbriqué entre deux étagères sur la troisième république. Une petite lampe donnait un aspect irréel à l’endroit, elle adorait ! Maintenant elle ne pouvait plus reculer, elle y était. Une des journées de révisions les plus longues et ennuyeuses de ses révisions allait commencer.

 

Crédit: Carpentras.fr

 

Déjà plus de deux heures qu’elle travaillait, passant d’un livre à l’autre, tout en prenant des notes et tentant de retenir les informations les plus importantes. Lorsqu’elle finissait l’un des thèmes de révisions, elle s’accordait quelques minutes de pause, buvant une gorgée d’eau et grignotant un biscuit. Elle relisait consciencieusement sa fiche et rajoutait des détails puis passait à la suivante. Vers treize heures, Léa s’accorda une pause et fila en direction du restaurant universitaire pour s’acheter un sandwich et une boisson. Elle profita des quelques rayons de soleil pour s’asseoir à l’extérieur et manger son déjeuner tranquillement. Dans un coin de sa tête, les lois, les articles, les arrêtés défilaient sans s’arrêter, elle tentait de penser à autre chose mais impossible, elle avait surtout envie d’en finir.

 

L’après-midi passa péniblement, mais Léa était satisfaite, elle avait quasiment terminé ses révisions. Elle voulait profiter des dernières heures d’ouverture de la bibliothèque et du calme qui y régnait pour relire et apprendre ses fiches par cœur. Elle se cala contre le mur du fond, les pieds de sa chaise en équilibre et se remit au travail. Elle voulait être débarrassée de cette matière le plus tôt possible. Sa nuque tirait et elle sentait ses épaules toutes endolories à force de garder cette position. La fatigue se faisait sentir et ses yeux étaient de plus en plus lourds. Léa ne se rendit même pas compte qu’elle s’endormait. Sa nuit trop courte de la veille avait eu raison d’elle.

 

La pièce était plongée dans la pénombre lorsque Léa rouvrit les yeux. Elle mit quelques secondes pour se rappeler où elle était. La lucarne située au-dessus de sa tête ne laissait filtrer qu’une lumière jaunâtre, les lampadaires extérieures avaient pris le relais, il devait donc être extrêmement tard. Julie chercha son téléphone portable dans son sac mais se rappela qu’elle l’avait laissé le matin même dans sa chambre. Elle se maudit de sa bêtise. Elle se leva, s’étira et joua avec les reflets de sa montre afin de savoir l’heure qu’il pouvait être. 21h30 ! Elle avait bien dormi, ça elle ne pouvait pas le nier et vu l’heure la bibliothèque était fermée depuis bien longtemps et elle n’avait pas de grande chance de trouver un employé encore là à cette heure. Léa rangea ses affaires à la hâte en se disant qu’avec un peu de chance, elle croiserait un gardien ou quelqu’un qui pourrait lui ouvrir. Elle longea le mur et compta les étagères, puis tourna à droite pour atteindre l’allée centrale. La nuit donnait une toute autre atmosphère à l’endroit. Elle qui le trouvait si agréable de jour, était bien moins rassurée maintenant qu’il faisait nuit et qu’elle avait juste le silence pour compagnon. Elle passa la porte pour entrer dans la grande salle. Les grandes vitres permettaient aux lumières provenant de l’extérieur de rentrer plus facilement, la pièce était dans la pénombre mais elle distinguait l’entrée à une trentaine de mètres ainsi que le bureau ovale qui faisait office d’accueil. Mais le lieu était désespérément vide, personne à l’horizon. Elle s’approcha laissant ses pas résonnés dans cet espace vide.

 

    - Hé oh ! Il y a quelqu’un ? appela-t-elle.

Seul le silence lui répondit.

    - Il n’y a personne ici ? répéta-t-elle un ton plus fort.

Toujours rien.

Léa commençait à désespérer.

    - J’ai déjà essayé …

Léa hurla, surprise d’entendre une voix dans son dos. Elle se retourna la main sur le cœur et découvrit un jeune homme à quelques mètres d’elle. Brun, les cheveux courts, il portait une chemise à carreaux ouverte sur un tee-shirt gris ainsi qu’un jean passé et une paire de converse. Il la regardait en souriant et n’avait pas l’air affolé d’être enfermé là. Léa avait l’impression d’être dans un mauvais fil de série B, manquait plus que cet étranger soit un tueur fou ou un psychopathe et voilà la blonde allait encore mourir dès le début de l’histoire. Le cerveau de Léa tournait à toute allure et elle ne voulait surtout pas lui montrer à quel point elle était terrorisée non pas d’être enfermé dans la bibliothèque mais surtout de l’être avec quelqu’un qu’elle ne connaissait pas. Il reprit la parole en souriant.

 

    - Désolé, je ne voulais pas te faire peur. Tu ne m’as pas vu, j’étais assis sur un des fauteuils juste-là. J’ai cru à une apparition quand je t’ai vu. Etre enfermé ici c’est déjà étonnant mais l’être tous les deux, cela l’est encore plus.

   - Oui, ce n’est pas ce que je souhaitais faire de ma nuit, lui répondit-elle.

   - Moi non plus. J’ai cherché un téléphone mais il y a juste une ligne interne et l’administration ne devait plus avoir de fond car ils n’ont prévu aucune sortie de secours. Je crois qu’on est bloqué là pour la nuit.

    - Non, ce n’est pas vrai. Léa était démoralisée, Elle leva la tête et soupira.

Elle avait envie de retrouver sa chambre, son lit, et elle se sentait encore toute endolorie de sa longue sieste sur sa table.

    - Au fait je m’appelle Maxime, lui dit-il en s’approchant.

    - Moi c’est Léa. Enchantée, répondit la jeune femme sans le penser vraiment.

    - J’ai vraiment l’impression d’être dans un mauvais film, à vrai dire, nous voilà tous les deux enfermés dans une vieille bibliothèque, il manque plus que le sérial killer et on est bon, lui annonça Maxime en souriant.

    - Je me suis dit la même chose et le pire c’est que c’est souvent la blonde qui y passe en premier. Donc je préférais trouver un moyen de sortir si ça ne t’embête pas.

Maxime la regarda et Léa sentit qu’il avait envie de rire mais il se retint. Il se dirigea vers le bureau et en fit le tour.

            -Tu peux tenter d’appeler si tu veux mais j’ai eu beau essayer cela n’a rien donné, lui dit-il en tendant le combiné.

            - Non, je te crois ! Du coup tu as trouvé un endroit confortable pour passer la nuit ou on a juste ces magnifiques fauteuils à notre disposition, demanda Léa en se tournait vers les quatres sièges un peu molletonnés disposés en cercle à quelques mètres d’eux. 

            - Nos lits sont là, dit Maxime en riant. Nous sommes gâtés !

Léa s’avança et déposa son sac auprès du premier fauteuil. Maxime retourna à sa place et s’installa face à elle. Dans la pénombre, elle pouvait distinguer ses traits et se rassura aussi mieux qu’elle put. Il avait l’air tout à fait normal et elle n’avait aucune raison d’avoir peur.

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 08:59
#Photo 1 :Hector

Comme je n'ai pas encore LA super(be) idée pour ma prochaine histoire et pour vous permettre de vous évader encore un peu, j'ai proposé un jeu sur la page facebook de Quatriemedecouverture

Vous postez une phot et juste une photo en commentaire et je m'occupe de vous créer une histoire à partir de là! En espérant que cela vos plaise!

Et c'est parti pour la première photo!

 

 

 

Comme tous les soirs, Hector profitait de l'instant, installé sur le toit d'un immeuble de bureaux, il scrutait l'horizon. D'ici deux-trois minutes, il devrait redescendre et s'activer, mais pour l'instant, il savourait. Les lumières de la ville donnaient une lueur orangée au ciel et se fondait au bleu de la nuit. Il était encore tôt, le soleil venait à peine de se coucher et les étoiles ne se montraient pas encore. Peut-être en verrait-il quelques-unes ce soir! Il avait fait tellement beau aujourd'hui. Malheureusement, et comme souvent ce moment d'accalmie avant la furie de la nuit était l'une des seules fois où il leverait la tête pour regarder le ciel, il le savait. Il avait trop de travail, définitivement trop de travail. Hector passa la main dans ses cheveux bruns, ses doigts descendirent sur son visage et s'attardèrent sur la cicatrice qui barrait sa joue. Les risques du métier, c'est ce qu'il se disait à chaque fois qu'il rentrait chez lui avec une nouvelle marque sur le corps. Heureusement, personne ne l'attendait à la maison et lui seul pouvait constater à quel point son corps était meurtri et abîmé. D'ailleurs comment aurait-il pu expliqué ses bleus, ses coups et toutes ses marques sans qu'on ne devienne suspicieux ou pire qu'on le prenne pour un fou. Mais il aimait ce qu'il faisait, il n'avait aucun remerciement, personne ne le voyait ou alors ceux qui le rencontraient, préféraient l'oublier, comme s'il s'agissait d'un rêve ou d'une vue de l'esprit mais c'était la voie qu'il avait choisi.

 

Hector se leva du parapet sur lequel il était assis et réajusta sa tenue. il sauta d'un pas lest sur le sol et prit son fidèle compagnon dans sa main. Il fallait qu'il se dépêche sinon il allait encore être en retard et sa tâche n'attendait pas, ses concitoyens comptaient sur lui. 

 

Armé de son aspirateur, Il avait tout le bâtiment à nettoyer dans la nuit. Pas moins de 250 bureaux à aspirer, deux fois plus de poubelles à vider, des tables et des chaises à épousseter. Et demain alors qu'il irait se coucher, deux ou trois bleus supplémentaires prouvant à quel point il était étourdi, de jeunes cadres dynamiques se rendraient à leur travail et ne verraient même pas que le ménage avait été fait.

 

FIN

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 23:22

Rodolphe montait la quinzaine de marche qui le séparait de son appartement. Sa journée de travail avait été harassante. Il était vanné. Pas mécontent d'être enfin de retour à la maison. Il savait qu'il allait enfin pouvoir s'asseoir et se prélasser dans son canapé, la dans une main devant un programme pas trop compliqué à regarder les paupières mi-closes et  une bière dans l’autre. Julie devait déjà être à cette heure dans la cuisine à préparer le dîner. Arrivé devant la porte, il fut étonné de trouver porte close. Rodolphe chercha ses clés dans sa sacoche tout en se demandant où pouvait-être sa femme à cette heure-ci. Peut-être lui avait-elle laissé un message sur son téléphone, sachant qu’il n’avait pas pris le temps de le regarder depuis qu’il était parti du bureau. L’homme poussa la porte et appuya sur l’interrupteur pour éclairer l’entrée de l’appartement. Face à lui, là où se trouvait normalement un miroir, un post-it vert était collé sur le mur.


« C’est fini ! »


Rodolphe prit la feuille sans comprendre. Ce ne fut que lorsqu’il tourna la tête vers le salon  que ces deux mots prirent tous leurs sens. La pièce était vide, entièrement vide. Là où devait se trouver le canapé en cuir noir et la table basse, il n’y avait plus rien mise à part quelques moutons de poussières. Incrédule, il avança dans la pièce ne découvrant rien d’autre que les murs au papier peint jaunâtre. Ce matin encore, il y avait une table et des chaises et sur un pouf près de la fenêtre une orchidée dans un joli pot. Rodolphe fit demi-tour et longea le couloir en direction de la chambre à coucher. Il ouvrit la porte, se demandant si dans un excès de zèle, Julie n’avait pas déplacé tous les meubles pour refaire la décoration et lui faire une surprise. Tenant toujours le message dans le main, il sentit que le décor fantomatique qu’il avait découvert quelques instants plus tôt ne présageait rien de bon. La main sur la poignée, l’appréhension lui noua la gorge. IL prit une grande inspiration avant de pousser la porte. La pièce était dans la pénombre et seul le réverbère de la rue, se reflètait sur les murs. Son lit, les deux petites tables de chevets qu’ils avaient choisi ensemble ainsi que l’armoire, il n’y avait plus rien. Sans même avoir à allumer la lumière, Rodolphe savait que cette pièce était aussi  vide que son salon et que toutes les autres devaient l’être aussi. Julie était partie et elle avait emmené la totalité de leur appartement avec elle. Et tout cela en une journée. Rodolphe fit un  effort pour se remémorer sa matinée. Rien dans l’attitude de sa femme ne pouvait présager cela. Après s’être préparé, il s’était rendu dans la cuisine où Julie lui avait servi son café et ses toasts comme à son habitude. Ils avaient discuté quelques instants de leurs journées à venir et suite à cela, après un rapide baiser, il était parti pour son travail. Elle avait bien joué son coup. Une telle organisation, elle devait préparer cela depuis des semaines et il n’avait rien vu venir. D’ailleurs, elle avait dû demander de l’aide à des amis ou à sa famille, réserver un camion, prévoir des cartons, du scotch, des journaux pour emballer les choses fragiles. En plus, elle n’aurait jamais pu transporter tous les meubles toutes seules. Elle était bien trop fragile. Comme avait-elle pu oser lui faire ça, alors qu’il avait tout sacrifié pour la rendre heureuse. Grâce à son travail à la banque et à son salaire plus qu’honorable, elle n’avait pas besoin de travailler. Elle pouvait rester à la maison pour s’occuper des tâches ménagères et faire ce dont elle avait envie. Et voilà comment elle le remerciait, elle s’emparait de tout ce qu’ils avaient construits tous les deux pendant ces cinq dernières années et se contentait d’un mot sur un post-it. Rodolphe se dirigea vers la cuisine. Il alluma la lumière pour découvrir une nouvelle fois, une pièce vide. Seul le meuble où reposait l’évier était encore là, une blague il faisait partie de la location, c’était donc normal. Une éponge encore humide trainait sur la paillasse. Voilà ce qui lui restait, une vieille éponge crasseuse et des moutons de poussières. Rodolphe prit le temps de dénouer sa cravate. Il avait chaud. Il sentait son sang battre la mesure dans sa tempe. Comment avait-elle pu lui faire ça et pourquoi ? Elle l’avait abandonné. Qu’allait-il devenir sans elle ? Tant de questions sans réponses. Il prit son téléphone dans sa poche et consulta ses messages mais ne découvrit rien de nouveau. Il appuya sur l’écran pour accéder aux derniers appels. « Amour », le premier numéro de son répertoire ! Il devait lui parler, savoir ce qui c’était passé ! Peut-être avait-elle une bonne raison ! Au bout de quelques secondes, une voix mécanique lui annonça que le numéro de son correspndant n’était plus attribué. Elle avait donc coupé sa ligne et il n’avait aucun moyen de la joindre. Il fit défiler les numéros à la recherche de celui des parents de Julie mais après quelques instants, il dut se rendre à l’évidence, le numéro avait été effacé. Ils habitaient à plus de 700 km de là. Il ne pouvait donc pas se rendre chez eux dans l’instant. Il faudrait qu’il recherche leur numéro sur les pages jaunes. Ils pourraient sans doute li donner une explication à l’acte de leur fille. Elle était peut-être devenue folle ! Et c’était mis en tête de partir dans une secte. Son téléphone toujours en main, il ferma les yeux à a recherche d’une réponse plausible. En quelques minutes, les émotions défilèrent. Après l’incompréhension et la tristesse, c’était maintenant la colère qui pointait le bout de son nez. Ou alors, elle avait un amant ! Voilà, c’était cela et il ne pouvait pas en être autrement. Il avait été trop con. Laisser sa femme tous les jours seule chez eux. Il pensait qu’elle attendait sagement son petit mari alors qu’elle prenait du bon temps. Il lui faisait confiance et elle était bien foutue de sa gueule. Rodolphe bouillait intérieurement et  se sentait comme un lion en cage, une cage vide d’ailleurs. Il prit le post-it qu’il tenait toujours dans sa main et l’écrasa d’un coup sec.


Au final, elle l’avait bien mérité sa dernière branlée. Un nez et une côte cassés, ça valait bien ça !

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 16:01

heureuse.jpg

 

 

« Dégage ! Je ne veux plus te voir, tu ne fais plus partie de ma vie ! De l’air, j’ai besoin d’air, de respirer autre chose que ton parfum bon marché et ton haleine putride… »


Aurélie hurlait, plus qu’elle ne parlait, les mots sortaient par saccades, telle une mitraillette en pleine action. Elle sentait son cœur battre dans sa poitrine, prêt à exploser. Depuis le temps qu’elle ressentait ça et qu’elle le gardait pour elle ! Il fallait que ça sorte et enfin, après une énième brouille avec baptiste, pour une broutille, elle avait éructé, craché sa colère.

Baptiste la toisait plus qu’il ne la regardait, il avait ce petit sourire en coin. Il cherchait la bonne répartie, le bon mot qui pourrait la mettre plus bas que terre. Il se retourna et se servit un café, comme si elle n’existait pas et que ses cris et ses hurlements ne représentaient que le bruit ridicule d’une souris dans une pièce immense. Mais ce qu’il n’avait pas vu, c’est qu’Aurélie était plus déterminée que jamais, elle avait dans ses yeux, une étincelle ou plutôt un feu incandescent prêt à consumer tout sur son passage. Et c’est là, qu’il était… sur son passage.


Il voulait jouer à ce jeu-là ! Aurélie le connaissait et se doutait de la parade qu’allait lui proposer l’homme qui partageait sa vie depuis maintenant trois ans. Il allait l’ignorer et lui lancer les pires vacheries d’une voix calme et posée d’ici quelques heures. Il la descendrait plus bas que terre et honteuse, elle irait se terrer dans un coin et reviendrait s’excuser. Mais aujourd’hui tout était différent, comme une goutte d’eau qui aurait fait débordé un vase, c’était une remarque anodine sur sa tenue qui avait poussé la jeune femme à bout. Au bout d’elle-même, dans ses derniers retranchements, elle avait retrouvé la rage qu’elle accumulait timidement depuis des années, se disant que cet homme qu’elle aimait avait des défauts certes, mais qu’il avait aussi des qualités et qu’elle devait s’estimer heureuse d’avoir trouvé quelqu’un comme lui. Elle respirait Baptiste, vivait Baptiste, mangeait Baptiste, faisait l’amour quand et comme Baptiste le désirait.

Et là maintenant, à cet instant T, ses désirs à elle, si loin, enfouis, terrés, reprenaient des forces au fur et à mesure qu’elle lui débitait tout ce qu’elle avait sur le cœur, sur le corps.

Lui, était toujours dans la cuisine, le journal dans une main, sa tasse à café dans l’autre, ne lui jetant pas le moindre regard comme si elle n’existait pas ou qu’elle était tout simplement absente. Aurélie devait retenir son attention. Elle se dirigea d’un pas décidé vers l’homme qu’elle avait aimé, qu’elle avait adoré. Avec désinvolture, elle lui prit la tasse à café des mains et la lança par terre, à ses pieds. Le récipient explosa sous l’impact et le liquide brunâtre parti dans de multiples directions, les chaussures et le pantalon de Baptiste en premier plan. Elle leva les yeux pour guetter sa réaction. Elle vit qu’il prenait sur lui, pour ne pas lui envoyer une baffe ou un coup de poing, mais ses yeux injectés de sang, lui suffisaient, ils parlaient pour lui. Il était énervé. Aurélie avait capté son attention. Elle pouvait lui dire les derniers mots, ceux qui clôturaient leur relation. Elle prit sa voix la plus douce, elle était calme extérieurement, comme lui savait si bien le faire. Elle avait appris pendant toutes ses années et l’élève allait dépasser le maître.

« Comme tu le dis si bien et si souvent, je suis chez toi, je ne suis rien sans toi… Donc là, maintenant, je vais faire mes valises et je pars. Je ne reviendrai pas ! Je dégage ! »

 

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 13:22

Un texte très court suite à un défi!

Le thème : Noël noir

On est d'accord c'est vague mais c'est cela qui est sympa!!

 

Bonne lecture et Bonnes fêtes!

 


 

Anaïs ouvre les yeux. D’ici quelques secondes son réveil va sonner, signifiant la fin de sa nuit et le début d’une autre longue journée d’hiver. Aujourd’hui, comme tous les autres jours depuis le début du mois, elle n’a aucune volonté, que ce soit pour se lever, pour s’activer et encore moins pour sortir. Elle déteste le mois de décembre. Les gens toujours un peu plus égoïstes sont centrés sur eux-mêmes avec cette excuse si facile, ils pensent aux autres, aux cadeaux, aux enfants, aux repas, à la famille. Durant cette période, il y aura plus de monde dans les rues, plus de bousculades, de personnes pressées, stressées, de conversations secrètes hurlées dans les téléphones au milieu de la foule. Dans le bus bondé, il faudra éviter les pièges des multiples sacs éparpillés autour des voyageurs et des poussettes bloquants l’allée. Les adultes utiliseront des codes pour que les enfants ne comprennent pas ce qui se trame. Et les enfants quant à eux, seront tous excités à l’approche du jour J. Mais Anaïs, ne ressent pas cette excitation, elle n’a pas envie de faire les magasins, de se heurter à la foule, aux caissières fatiguées, aux intérimaires dépassés par les évènements et incapables de la renseigner comme il le faut.

Tous les ans, elle se dit qu’elle devrait s’y prendre à l’avance, pendant les soldes de juillet ou alors en octobre. Mais arrivée au mois de décembre, elle constate une fois de plus que le temps est passé trop vite et comme tous les badauds, elle va devoir se rendre dans les magasins pendant la cohue. Evidemment, pour l’occasion, le centre commercial va rajouter des guérites en bois dans l’allée centrale où des camelots vont vendre leurs gilets magiques et leurs sacs en cuir véritable. Des rayons supplémentaires débordants de chocolats et de jouets vont remplacer les gondoles à 2€.

noel-boutique-londres.jpg

Elle va perdre un temps fou encore une fois, pour au final demander de l’aide, chose qu’elle exècre. La vendeuse va la prendre au mieux en pitié, au pire lui prendre la main comme pour un enfant perd au milieu du magasin et la conduire délicatement face à l’objet convoité. Pauvre jeune demoiselle, elle est si jolie, c’est tellement triste d’être aveugle. Pour Anaïs, ce n’est pas triste, c’est juste compliqué lorsqu’il s’agit de se confronter à la folie de Noël. Pour elle, Noël a toujours été noir. La magie des rues illuminées ne va pas adoucir les coups de coudes et de sacs sur son corps, elle ne pourra pas éviter les adolescentes fixées sur le portable qui ne verront pas que face à elles, arrive une personne non-voyante. Des sapins et autres décorums vont faire de son trajet quotidien un véritable parcours du combattant. Un mois de fêtes, de ballades dans le marché de Noël, de cadeaux par milliers. Pour Anaïs, il s’agira plutôt d’un mois de chemins à tâtons, de courses à rallonges, de journées exténuantes. Vivement le mois de janvier car ce qu’elle aime surtout c’est sa routine si rassurante qui lui permet de vivre sa vie de façon totalement autonome. Joyeuses fêtes et surtout que le nouvelle année arrive vite !

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 13:26

Il fait encore nuit, mais je n'ai plus sommeil.

La nuit a été courte pourtant.

 

noel.jpg

Nous étions chez Talou une de mes tantes, pour fêter Noël avec toute la famille. Nous avons mangé (beaucoup trop), rit (énormément), dansé (un peu) et chanté! Des moments inoubliables mais bien vite balayés par l'excitation du matin de Noël! Nous sommes rentrés très tard dans la  nuit mais je suis déjà en pleine forme. Car d'ici quelques minutes lorsque j'aurais réveillé ma mère, mon père et ma grande soeur, nous allons ouvrir les cadeaux qe le père Noël a apporté!

Il faut que j'aille voir tous ces paquets au pied du sapin, et savoir s'il m'a apporté les doux joujous que j'avais mis sur ma liste.

Je saute de mon lit, ne prend même pas le temps d'enfiler mes chaussons et ouvre la porte de ma chambre pour courir en direction du salon. L'appartement est calme, tout le monde dort encore. je ne sais même pas l'heure qu'il est mais je m'en contrefiche. Ce sont mes cadeaux qui m'intéressent. Je traverse le couloir en moins de temps qu'il en faut pour le dire.

J'arrive face au sapin et là, le drame....

Il n'y a pas un seul cadeau, rien!

Pas même une petite boite emballée dans un beau papier.

Le Père Noël n'est pas passé.


Je pars en pleurant rejoindre mes parents qui dorment encore profondément dans leur lit. J'ouvre leur porte et secoue ma mère en pleurant, malheureuse comme les pierres.

 - "Maman, le... Pè...re... No...ël est... pas... pa...sséééé..." Je lui dis à travers mes larmes.

Ma mère est sous le choc tout autant que moi. Elle réveille mon père, le secoue pour le faire sortir de sa torpeur, et lui dit qu'il n'y a pas de cadeaux au pied du sapin. Ils se regardent aussi stupéfaits l'un que l'autre. Maman me prend dans ses bras et me sert fort contre elle. Elle me réconforte et me dit que le papa Noël n'a pas encore fini sa tournée et qu'il ne devrait pas tarder. Pendant ce temps-là mon père est parti réveiller ma grande soeur pour l'avertir du drame. Elle non plus, n'aura pas de cadeaux...

Maman m'emmène dans ma chambre où ma soeur me rejoint. Elle nous dit d'attendre là.

 

pere-noel-en-retard-en-scooter.jpg

 

Ma soeur me console comme elle peut. Je pleure dans ses bras.

Quelques minutes passent. Et là à travers le petite fenêtre de ma porte de chambre je vois des ombres, j'entends ma mère et mon père parler! des bruits de clochettes, ils parlent au Père Noël!

Je suis bouche bée!

Le père Noël ne nous a pas oublié, il était juste en retard!

je n'ai pas entendu sa voix, il a du être discret car il savait que j'étais réveillée!

 

Ma mère est venue me chercher juste après et là dans le salon au pied du sapin, une montagne de cadeaux!

Mes parents aussi étaient soulagés, ils ont du avoir peur de ne pas avoir les objets qu'ils avaient commandés!

 

 

Un de mes souvenirs les plus marquants de Noël! Je revois encore les ombres derrière la fenêtre et le ruit des clochettes!

Aujourd'hui on en rit! mais sur le coup, personne n'avait envie de rire que ce soit moi sans cadeau ou mes parents pour l'oubli...d'ailleurs les années suivantes et lorsque ma petite soeur fut en âge de croire au Père Noël, tout le monde a fait très attention!

 


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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 13:50

Voici un texte écrit avec mille ans de retard pour un défi.

Le thème: téléphone

L'handicap: un canard joue un rôle important.

Nombre de mots: 3 000 mots maxi.

 

Bonne lecture

 

Alain était sous le choc. Assis sur une brique dans son jardin, il n’arrivait pas à réaliser. Pourtant, l’humidité de la pierre sous ses fesses, l’herbe verte et grasse lui caressant les chaussures étaient une preuve que ce qu’il vivait était réel. Il releva les yeux et ne put que constater qu’il était bel et bien en plein cauchemar. Hocin de Burbel avait disparu. Son magnifique canard de Cayuga s’était envolé.

 

canard-cayuga-01.jpg

 

Il était pourtant sûr d’avoir fermé la porte de l’enclos quand il était parti hier soir après avoir fait les soins et donner le repas. Mais le constat était là, son magnifique canard avait disparu, envolé. Il avait fait le tour de son jardin et vérifier sous toutes les haies et les bosquets pour s’assurer que le volatile ne s’était pas juste trouver un coin agréable où passer la nuit, mais rien, pas une plume, pas une trace. Au bout d’une demi-heure assis à réfléchir, Alain eut une idée. Pourquoi ne pas faire de petites affichettes et les placarder dans le quartier. En proposant une petite récompense, des témoins pourraient l’appeler et lui dire si oui ou non, ils avaient croisé la route d’Hocin. Alain se leva d’un bond, épousseta son pantalon côtelé et se dirigea d’un pas décidé vers la maison. Il ouvrit la porte de la véranda d’un geste rageur. Il traversa le salon tellement préoccupé qu’il ne fit pas attention à sa femme et son fils assis à table. L’adolescent et sa mère échangeaient sur leurs journées respectives mais cela n’intéressait certainement pas le patriarche qui vouait tout son temps libre à ses canards. L’adolescent en avait pris son parti, au moins, il ne l’avait pas sur le dos en permanence et cela lui permettait de faire ce que bon lui semblait. Il respectait sa mère et ce qu’elle lui demandait mais concernant son père, il avait choisi l’indifférence, le même sentiment que son père avait pour lui d’ailleurs.

 

Alain ne vit pas sa femme et son fils lever les yeux au ciel à son passage. Il était trop stressé. Le concours avait lieu dans une semaine. Et ces sept derniers jours étaient normalement prévus à la correction des défauts et à l’entrainement d’Hocin pour la parade. Mais si son canard ne revenait pas, qu’allait-il devenir? Il fallait qu’il le retrouve au plus vite. Peut-être avait-il réussi à se faufiler dans le jardin d’un des voisins. Cela ne servait à rien de s’énerver, il n’avait pas pu aller très loin. L’homme repassa devant sa femme et son fils sans les voir pour la seconde fois. Il se rendit chez son voisin et sonna à la porte. Après avoir patienté quelques minutes, il dut se rendre à l’évidence, il n’y avait personne. Et son canard était peut-être dans le jardin seul, ou pire, face à un chat. Mon dieu, Alain énonça une prière pour que rien n’abime le plumage de son volatile. Une partie des plumes abimée et c’était fini, il n’aurait pas sa place sur le podium.

L’homme était encore sur le perron quand il entendit son téléphone sonner dans sa poche. Il le prit et découvrit un numéro qu’il ne connaissait pas s’afficher sur l’écran. Il décrocha.

 

                - Allo !

 

                - Nous avons votre canard et si vous voulez le revoir vivant, il va falloir payer. Dit une voix déformée à l’autre bout du fil.

 

                -Qui êtes-vous ? Et qu’avez-vous fait de mon volatile ? demanda Alain stressé. Il savait que son canard avait de la valeur et qu’il aurait dû insister plus lourdement pour faire installer la cage de ses petits champions dans le salon. Sa femme avait refusé et voilà, aujourd’hui, Hocin était entre les mains d’un fou qui n’allait pas faire attention à lui. Le canard allait être stressé et jamais il ne pourrait être au top de sa forme pour le concours prévu une semaine plus tard.

 

                - Vous allez retirer 1 500 € et les mettre dans une enveloppe vous avez une heure.

 

Alain allait répondre mais son interlocuteur raccrocha.

 

Il n’avait pas le choix, il fallait qu’il retire la somme demandée et ensuite il pourrait sans doute récupérer Hocin. Il avait reprit la direction de la maison d’un pas pressé, il courait presque. Il faudrait qu’il trouve un moyen de convaincre sa femme que son canard valait cette somme. Et puis cet argent, sa femme avait reçu sa prime de Noël, et ça devait représenter environ la rançon demandée. En plus, Hocin valait bien plus que ça. S’il gagnait ce concours de beauté, il pourrait faire payer les personnes intéressées pour des reproductions. L’argent serait alors vite de retour sur le compte joint. De toute façon, il n’allait pas lui laisser le choix. C’était une question de vie ou de mort. Arrivé dans l’entrée de sa maison, Alain interpella sa femme. Il avait un plan, il comptait la mettre devant le fait accompli. Elle comprendrait ou pas. Il lui demanda où elle rangeait la carte bancaire, et inventa un mensonge éhonté sur une pièce à acheter pour la voiture. Sa femme haussa les sourcils, et fouilla quelques instants dans son sac. Elle lui tendit le porte-carte et retourna dans le salon pour continuer sa conversation avec son fils.

 

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Alain fit l’aller-retour entre chez lui et la banque en quelques minutes à peine. Il réussit à retirer la somme en une seule fois. Il ne savait même pas que cela était possible. Ce n’est pas lui qui s’occupait des comptes et de tout ce qui s’y rattachait. C’était sa femme. Il était d’ailleurs étonnée, qu’elle ne lui ait pas posée plus de questions que cela lorsqu’il lui avait demandé sa carte. Dans un sens, tant mieux, cela lui ferait un souci de moins à gérer pour le moment. Il était en train de garer sa voiture devant la maison lorsqu’il entendit son téléphone sonner. Il avait reçu un SMS, le kidnappeur sans aucun doute. L’homme tremblait lorsqu’il prit son téléphone dans sa main pour lire le message. Un numéro qu’il ne connaissait pas s’afficha. Il s‘agissait bien d’un message écrit. Il appuya sur l’écran et lut les instructions.

 

                «  Déposer l’enveloppe dans la poubelle qui se trouve à l’entrée du Square des Primevères. Celle à côté des jeux pour enfants. Dès que nous aurons l’argent, nous vous recontacterons. »

 

Alain redémarra la voiture. Plus vite il aurait déposé l’argent, plus vite, il récupèrerait son volatile, son cher volatile ! Le square était à moins d’un kilomètre de son domicile. Il aurait pu y aller à pied mais il était trop pressé, trop stressé. Il vérifia une dernière fois que l’argent était bien dans l’enveloppe de dépôt qu’il avait pris à sa banque pendant son retrait. Il se dirigea vers le terrain de jeux. Il n’y avait pas âme qui vive aux alentours. Il déposa le paquet dans la poubelle et resta quelques instants devant. On lui avait dit quoi faire, et il se doutait bien qu’il fallait qu’il parte car tant que les kidnappeurs n’auraient pas l’argent, il ne reverrait pas Hocin. Il reprit donc la direction de son véhicule, la tête basse et les épaules voutées. Il ne lui restait plus qu’à attendre, en espérant que cela ne soit pas trop long. Il pensa un moment à rester cacher dans sa voiture, mais la peur que l’on fasse du mal à Hocin l’emporta. Si les ravisseurs se rendaient compte qu’il les attendait et les observait, qui sait ce qu’ils feraient à son canard.

 

Alain était de retour chez lui. Totalement préoccupé par son affaire, il s’installa dans le salon et alluma la télévision. Sa femme tenta de lui poser quelques questions mais les grognements en guise de réponse eurent raison d’elle. Alain était de mauvaise humeur et quelque chose le tracassait, dans ces cas-là, cela ne servait à rien de lui poser des questions. Son mari avait déposé son téléphone portable sur la console près du canapé et passait son temps à allumer l’écran, comme s’il attendait un appel, sans doute une réponse pour un de ses concours. Isabelle ne prit pas le temps de lui poser la question et s’en alla en direction de la cuisine afin de faire le repas. Son fils était parti chez un copain pour les deux heures à venir, elle était donc seul avec son mari. Mais vu le caractère de celui-ci, elle se dit qu’elle serait mieux au milieu de ses ustensiles à préparer un bon repas. Elle sortit son livre de recette et tourna les pages à la recherche d’une idée pour le repas du soir.

Alain quant à lui, scrutait son téléphone toutes les deux minutes. Il attendait un SMS ou un appel des ravisseurs pour connaître la marche à suivre et savoir comment récupérer son précieux volatile. Une  heure s’égrena entement, les secondes s’étant transformées en minutes et les minutes en heures. Chacune passant plus lentement que la précédente. Il avait l’impression d’être là depuis longtemps, beaucoup trop longtemps. Il avait toujours les yeux rivés sur son portable, lorsque celui-ci vibra annonçant l’arrivée d’un message écrit. Alain prit l’appareil dans sa main, il tremblait. Il appuya sur l’écran et découvrit le texte.

 

                «  Nous vous remercions pour votre argent ! Vous trouverez votre stupide volatile dans une boite en carton à l’aire de jeux des Primevères. Merci pour tout. »

 

Alain se leva d’un bond et prit les clés de sa voiture. Il se dirigea vers la porte d’entrée, lorsque sa femme l’interpella. Elle voulait savoir où il allait. Mais il ne prit même pas le temps de répondre, il était trop pressé. Isabelle vit son mari détaler comme un lapin. Elle était stupéfaite, il lui arrivait rarement d’être pressé à ce point, sauf lorsqu’il s’agissait de ses concours avec ses canards. Elle soupira et retourna à la cuisson de sa viande. Elle n’essayait même plus de comprendre l’homme qu’elle avait épousé, il était bien trop différent aujourd’hui.

 

Quelques minutes s’écoulèrent et ce fut autour de son fils de passer la porte en sens inverse. Comme à son habitude il rentrait à l’heure pour le dîner. Elle était tellement fière de lui, il était si intelligent, si malin. Si seulement son père obnubilé par ses oiseaux avait pu s’en rendre compte. Mais il ne le voyait pas. Il aurait fallu avoir des plumes pour qu’il s’intéresse à eux.

 

Benjamin sourit à sa mère. Cela lui faisait mal au cœur de lui mentir, mais c’était pour la bonne cause. Elle comprendrait, il en était sûre, mais il fallait qu’il termine ce qu’il avait commencé avant de lui en parlé. Après avoir embrassé sa maman, il lui dit qu’il montant dans sa chambre deposer son sac et qu’il redescendait pour mettre la table dans quelques minutes. il monta les escaliers quatre à quatre pour rejoindre sa chambre. L’enveloppe dans sa poche lui donnait l’impression d’être en feu. Il avait enfin la somme, 1500 €. Demain il apporterait l’argent à qui de droit et il pourrait partir. Il allait réaliser son rêve. Il savait que s’il en avait parlé à son père, celui-ci n’aurait jamais été d’accord et qu’il aurait trouvé des excuses inimaginables pour ne pas dépenser cette somme dans un voyage d’étude à l’étranger. Mais c’était l’avenir de Benjamin qui comptait et partir deux mois en Angleterre pour parfaire son niveau, cela valait bien plus qu’un canard, non ?

 

 

 

 

 

 

Et n'oubliez pas de voter pour ma nouvelle au concours jedeviensecrivain.com

(vos vous inscrive et vous n'avez à voter qu'une seule fois! c'est rapide et sans bavure, promis!!)

"À âmes égales"

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 09:51

Voici un texte écrit, il y a longtemps. il n'est pas fini et il ne le sera sans doute jamais. Dites-moi ce que vous en pensez!


 

Mais ce n’est pas possible, pourquoi est-ce que ça doit tomber sur moi ? De toute façon, toutes les missions à la con, elles sont pour ma pomme, à croire que j’ai la tête du mec qui doit faire les trucs les plus pourris. Certes, je l’ai bien cherché, j’avoue, j’ai  comme qui dirait organisé quelques jeux d’argent. Du coup quand mon chef m’a grillé et je me suis retrouvé au cachot pendant une dizaine de jours. Je pensais que ça serait suffisant et qu’il oublierait….Mais c’était sans compter sur son caractère rancunier. Forcément, je ne l’avais pas invité ! Il a une solde dix fois plus importante que tous les soldats du camp. J’ai été stupide, on aurait plus le plumer et je ne serais pas là aujourd’hui.

Mais non, il en a décidé autrement, et pour être sûr que je ne me sauve pas ou que je trouve refuge dans les bois de Brocéliande, il m’a envoyé en mission secrète avec le pire des fouilles-merde du pays de galles, le chevalier Grogan ! Il m‘en veut, c’est sûre, Grogan, quoi ! ça ne pouvait pas être pire…

Donc me voilà parti avec cinq autres soldats en mission de surveillance rapprochée.  Il nous faut huit jours de marche pour nous en rendre dans la forêt de Brocéliande. C'est un endroit sympa, si vous voulez mourir à chaque coin d’arbre. Entre les elfes, les korrigans, les fées et les animaux sauvages, nous les pauvres soldats armés de nos toutes petites épées, ont fait pâle figure. La végétation est tellement haute et abondante que par moment on ne voit même plus le ciel et la lumière du jour.

Grogan nous certifie qu’il connait la route et qu’il sait où nous allons. Et nous en tant que soldat, on doit se contenter de suivre et d’acquiescer à tout ce qu’il nous dit. Et il en dit des trucs ! Il parle, il déblatère, il hurle et il grogne. Selon lui, la mission qui nous a été confiée est de la plus haute importance et nous avons une chance inouïe d’avoir été choisie pour la remplir. Je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve que ça ne sent pas bon cette histoire. Mon chef ne m’aurait jamais envoyé là-bas, sûrement pas ! Je parie pour une mission suicide. Va falloir affronter un dragon pour sauver trois pauvres cailloux et les donner ensuite aux chefs qui glandaient dans leurs tentes luxueuses avec boissons, repas et filles à volonté.

La veille de notre arrivée, nous installons notre bivouaque dans une minuscule clairière. La nuit est tombée depuis une bonne heure mais nous avons dû continuer à avancer, les arbres étant trop proches et la végétation trop touffue pour nous permettre de nous arrêter. Je déposais mon sac à côté d’une souche et m’assit directement sur l’herbe. Chaque soir, Grogan nous permettait de souffler pendant quelques minutes avant de nous activer pour installer la tente et allumer le feu. Je n’osais pas défaire mes spartiates de peur de ne pas pouvoir les remettre avant le lendemain matin. Grogan, quant à lui avait défait ses chaussures, et déposer son épée. Chacun d’entre nous pouvait constater qu’il commençait à se faire vieux pour être sur le terrain. Lui aussi avait dû faire quelque chose de mal, mais pour ne pas perdre la face, il comptait nous faire croire que la mission était une bénédiction. Je vous avoue que du haut de mes 22ans, je n’étais pas dupe. Ça sentait le roussi.

Le chef aboya ses ordres et chacun d’entre nous se dispersa pour effectuer la tâche qui lui était confiée. J’étais en charge d’aller cueillir le bois pour alimenter le feu. Je pris mon épée car je savais que la forêt paraissait peut-être accueillante de jour mais la nuit c’était tout sauf une promenade de santé. Même cueillir du bois au cœur de Brocéliande pouvait être très dangereux, voir meurtrier. Je sentais des regards dans mon dos et mes poils se hérissaient le long de ma nuque. Je tournais la tête et aperçut plusieurs paires d’yeux jaunes qui me fixaient.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 20:38

Voici une courte nouvelle suite à un défi sur ma page facebook.

le thème: Une vie de chien

l'handicap: une fin heureuse

 

et voilà, bonne lecture!

 

(PS: en ce moment j'écris beaucoup sur les animaux, je m'en rends compte, mais ils me plaisent!)

 

 


 

Lorsque les gens font une comparaison entre les chiens et les chats, certaines différences reviennent à tous les coups. Les chiens sont dépendants de leurs maîtres, ils ne vivent que pour eux, par eux. Ils sont obéissants et ont besoin d’un chef de meute pour les diriger. Les chats quant à eux, sont indépendants, peuvent se débrouiller seul, sans maître, ils écoutent rarement ce qu’on leurs dit et en font bien souvent rien qu’à leurs têtes. Depuis quelques temps, Thémis aurait aimé être un chat. Parce qu’il en avait marre de cette vie de chien… qui ne lui convenait plus. Il aurait voulu pouvoir faire ce qu’il voulait sans que Bruno son maître ne soit là pour le lui dire. Il voulait aller courir quand bon lui semblait, et pas seulement lors de la promenade digestive. Il voulait manger jusqu’à plus faim et pas seulement la ration du soir, mais bon un extra de temps en temps, voilà ce qu’il souhaitait…Le seul problème, c’est qu’il n’avait pas à se plaindre. Il avait tout pour être heureux. Bruno, son maître avait une femme et des enfants qui l’adoraient. Il dormait dans un panier très confortable près du radiateur et avait un immense terrain pour courir et se détendre les pattes. Mais il avait besoin de plus… besoin de liberté !

Bruno appela Thémis. Celui-ci arriva dans l’instant. L’homme était fier de son animal, un chien loup de Tchécoslovaquie. En tant que dresseur, il était sa plus belle réussite. Il l’emmenait partout avec lui pour montrer à ses clients qu’avec de la volonté et du travail, on pouvait réussir à obtenir des résultats spectaculaires. Car bien souvent, les chiens loups étaient présentés comme des bêtes têtues et rebelles. C’était tout simplement sa meilleure carte de visite. Mais n’allez pas croire qu’il n’aimait pas son chien, il l’adorait. C’était son troisième enfant, et s’il le fallait, il aurait tout fait pour lui. D’ailleurs depuis quelques temps, il trouvait que Thémis avait un drôle de comportement, comme s’il en avait marre, tel un adolescent qui faisait les choses mais sans volonté, juste pour qu’on lui fiche la paix au plus vite. Du coup, lorsqu’il effectuait des prestations de dressage, il demandait des choses basiques à son chien pour que celui-ci ne le lui fasse pas défaut. Bruno regarda l’heure et se rendit compte qu’il était temps d’y aller. Ils avaint un cours d’Agility en groupe sur un terrain qu’il louait à quelques kilomètres de là. Thémis était assis à ses côtés et attendait les directives. Et comme à chaque fois, Bruno lui rappella les règles avant le départ, comme il l’aurait fait avec son fils ou sa fille.

-          Thémis, on va aller à l’Agility maintenant, je compte sur toi pour donner l’exemple mon beau. Il va y avoir des chiens plus jeunes et il va falloir leur montrer comment on passe les obstacles. Tu écoutes mes ordres et moi je respecte tes possibilités. Allez, monte en voiture, mon loulou !

Le chien le regarda droit dans les yeux et pencha la tête à gauche. Il avait compris et au signal, il sauta avec facilité dans le coffre du break garé dans le jardin. Bruno n’avait pas constaté que Thémis avec le regard éteint.

Tous deux arrivés sur le terrain, ils profitaient généralement de l’heure précèdent le cours pour jouer avec un frisbee, le jeu préféré de l’animal. Bruno lancait le jouet le plus loin possible et le chien partait dans un sprint pour attraper l’objet en vol. Il le ramenait et attendait le lancer suivant. Enfin, c’est ce qui se passait d’habitude. Aujourd’hui, Thémis n’avait pas envie de jouer. Dès sa descente de la voiture, le chien-loup avait foncé vers la grille qui séparait le terrain de la forêt avoisinante et s’était assis pour contempler l’immensité verte. Etrange, c’était bien la première fois qu’il avait une réaction pareille.

Mais Thémis n’avait pas envie. Toutes les semaines la même rengaine, les mêmes ordres à suivre, les  mêmes rencontres. Il voulait plus aujourd’hui. Il aurait tant aimé partir se balader en forêt juste pour cette fois. Sans devoir suivre des ordres de Bruno. Faire ce qu’il voulait, lui. Suivre son instinct de loup.

Son maître s’approcha de la grille et s’accroupit près de son chien. Tous les deux regardaient dans la même direction. Bruno posa la main sur la tête de l’animal. Il décrocha son téléphone et pendant les minutes qui suivirent, passa plusieurs appels. Lorsqu’il eut fini, il flatta le cou de son ami et prit la parole.

-          Thémis, j’ai comme l’impression que tu as besoin d’autre chose aujourd’hui. Est-ce que ça te dirait qu’on aille se balader en forêt, que tu puisses t’amuser?

Le chien se leva d’un bond. Il avait bien compris le message même s’ils ne parlaient pas le même langage. Il courut en direction du portail. L’homme eut du mal à le rattraper et c’est le sourire aux lèvres qu’il permit à son compagnon  de faire ce qu’il voulait pendant les heures qui suivirent. Il avait ressenti son besoin de liberté, ce ras le bol du quotidien. Lui aussi pensait qu’il fallait lâcher la bride de temps en temps!

La fin de la journée ne fut que joie, course, jeux et liberté. Thémis courait dans un sens, puis dans l’autre, escaladait un talus et le redescendait à fond. Il grattait le sol, et partait renifler un arbre unee centaine de mètres plus loin. Il happait les feuilles qui en tombaient et hurlait sa joie à tue-tête. Ses poils flottaient dans le vent, ses oreilles en arrière, la truffe humant toutes les odeurs environnantes. Bruno avait du mal à le suivre mais il savait qu’une fois sa soif assouvit, son chien reviendrait heureux et fourbu. Thémis était fou de joie, il avait rêvé de cette après-midi pendant si longtemps.

Le soir, Bruno expliqua à sa femme et ses enfants leur après-midi dans la forêt. Tous les quatre regardèrent Thémis allongé dans son panier, dormant de tout son saoul, épuisé par sa journée. Et Ils en étaient sûres, il souriait.

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  • : Quatrième de Couverture
  • Quatrième de Couverture
  • : Quand on me demande quelle est ma passion, généralement, je dis que je n'en ai pas... Mes étagères pleines de livres et mon ordinateur rempli d'histoires disent le contraire pourtant! J'adore lire, je dévore les livres, thriller, polar, chick-lit, roman à l'eau de rose, les BD, le journal de la ville et les règles du sudoku, rien ne m'échappe! L'écriture découle de cette passion, parce des histoires j'en lis pleins mais les écrire et les faire partager, c'est tout autant enrichissant, non?
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